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Persévérer par la force de l’Esprit Saint (#1)

DSC_0466Comme chrétiens, il y a des situations qui nous dépassent complètement. Vous êtes peut-être là : vous êtes découragés et fatigués.

Aux versets 5 à 8 de Jacques chapitre 1, ce pasteur s’adresse à des chrétiens qui font face à l’épreuve la plus difficile, à savoir, se faire rejeter parce qu’on est disciple de Jésus-Christ.

Toutefois, il y a de l’espoir quand vous vous sentez dépassés par ce qui vous arrive. Jacques nous guide ainsi: (1) considérez ce que Dieu lui-même vous promet ; et (2) faites attention à ce qui peut vous faire douter de sa promesse.

(1) D’abord, réfléchissez à ce que Dieu lui-même vous promet: « 5 Cependant, si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui la lui donnera; car Dieu donne à tous généreusement et avec bienveillance.»

Dans la deuxième partie du verset 5 Jacques dit : « Dieu donne à tous généreusement et avec bienveillance. »

Dans son caractère, Dieu votre Père vous sera à la fois généreux et bienveillant. Comment en être certains ? Parce que vous appartenez à son Fils Jésus-Christ. Il vous aime comme il aime son propre Fils.

Dans son amour, votre Père a donné son Fils pour vous. Dans son amour, il accepte l’obéissance de son Fils à votre place, le sacrifice de son Fils pour votre pardon, et la résurrection de son Fils comme garantie de votre héritage éternel.

Dans son amour, votre Père et votre Sauveur vous envoient l’Esprit-Saint pour vous réconforter et vous conseiller en tout moment et au travers de toute épreuve.

Autrement dit, vous êtes tellement, tellement aimés par votre Père si généreux et si bienveillant !
(à suivre)

Denys et Damaris à Montréal

Denys et Damaris. Il serait bien d’avoir plus de gens comme eux à Montréal, ainsi que dans les grandes villes, les villes modestes et les villages du monde.

Denys et Damaris. Ils font partie du tout petit nombre de nouveaux chrétiens issus d’un des grands discours évangéliques de l’apôtre Paul, celui prononcé à Athènes au 1er siècle (Actes 17/ 32 – 34) :

«32 Quand les Grecs entendent dire que Dieu peut relever quelqu’un de la mort, les uns se moquent de Paul, les autres disent : « Nous t’écouterons parler de cela une autre fois ! » 33 Alors Paul les quitte. 34 Pourtant, quelques-uns vont avec lui et deviennent croyants. Parmi eux, il y a Denys, du Conseil d’Athènes, une femme appelée Damaris et d’autres encore.»

Denys et Damaris. Pourquoi eux et quelques-uns plutôt que la grande majorité de l’auditoire ? Parce que Dieu le Saint-Esprit agit en qui il veut, quand il veut, comme il veut.

Denys et Damaris. Que chaque chrétien puisse prier « Seigneur, envoie souvent dans ma vie un ou deux Denys et Damaris, ceux en qui l’Esprit Saint agit déjà, afin que je puisse leur témoigner de ton sacrifice et de ta résurrection.»

L’Esprit appelle les Denys, les Damaris, et les quelques-uns de ce monde. Ils se multiplient en nombre et en sainteté. Le résultat en est que de plus en plus de gens se mettent à genoux devant Jésus, qui est suprêmement digne de recevoir leur adoration. Et des sociétés, des villes et des villages sont davantage marqués par sa grâce et sa vérité.

Denys et Damaris. A Montréal. Partout. Pour toujours.

  • JG Zoellner / été 2017

Padre, que faites-vous là à cette heure ?

 

     «Qui va là ?». La voix du jeune fantassin canadien résonne de la tranchée, à travers l’obscurité impénétrable de la nuit et de pluie battante. «C’est moi, le Padre1» vient la réponse de l’aumônier militaire protestant, en se glissant dans la position défensive aux petites heures du matin. «Mais Padre, que faites-vous là à cette heure ?» Voilà, en effet, une question qui résume bien le ministère de l’aumônier militaire, lequel doit pouvoir servir «ses troupes» à toute heure et en tous lieux. On peut définir ce ministère à la fois officiellement et officieusement.

Les Forces canadiennes définissent officiellement la mission d’un aumônier militaire tel que:

L’aumônier veille au bien-être moral et spirituel de toute personne faisant partie de la base, l’unité ou l’élément et:(a) dirige les offices religieux et officie aux baptêmes, mariages et funérailles;(b) prend des mesures nécessaires pour accorder des secours religieux aux militaires ou aux membres de leurs familles qui selon le cas sont malades, en détention civile ou militaire ou qui désirent des secours religieux;(c) doit être prêt à assurer l’aide et l’instruction religieuses à toutes les personnes de la base, l’unité ou l’élément. 2

Officieusement,  le rôle de l’aumônier militaire est d’initier le contact avec les militaires et leurs familles, pour être à côté d’eux là où ils se trouvent, et pour partager avec eux des situations pénibles et où ils sont vulnérables. On appelle souvent ce travail un «ministère de présence». À toutes fins pratiques, que signifie cette expression ? Certes, l’aumônier est personnellement et fréquemment auprès des gens mais au fond, un aumônier militaire protestant est surtout un ministre de l’Évangile de Jésus-Christ. Il écoute attentivement, afin de donner «d’honnêtes réponses à d’honnêtes questions» 3 en cherchant à appliquer l’Évangile, aux défis, aux peurs, aux doutes et aux peines des militaires et de leurs familles, et ce, de façon personnelle.

Or, dans cet article, je tenterai d’examiner brièvement deux aspects incontournables de la relation entre l’Évangile de Jésus-Christ et le ministère de l’aumônier militaire protestant. D’abord, j’expliquerai le rôle primaire de l’aumônier militaire protestant, c’est-à-dire celui de faire connaître l’Évangile dans le contexte militaire.  Ensuite, je regarderai le rôle complémentaire de l’aumônier militaire protestant, qui est d’offrir des soins pastoraux fondés sur l’exclusivité de l’Évangile dans le contexte pluraliste de l’Armée canadienne d’aujourd’hui. 4

I) LE RÔLE PRIMAIRE DE L’AUMÔNIER MILITAIRE PROTESTANT

     Il y a certainement un rôle diaconal 5 propre à l’aumônerie militaire. Toutefois, le rôle prioritaire de l’aumônier militaire protestant est d’apporter la grâce et la vérité de l’Évangile de Jésus-Christ auprès des militaires et leurs familles étant déjà croyants, ainsi que de partager l’Évangile avec tout militaire et sa famille qui manifeste un intérêt pour ce sujet. Or, quand je parle d’Évangile je définis le terme en son sens biblique, soit l’initiative du Dieu trinitaire venant du Père qui, dans sa bonté imméritée, se réconcilie avec des gens qui le haïssent, en envoyant son Fils Jésus qui subit à leur place le châtiment de la mort, assure leur pardon par sa résurrection, et garantisse leur vie éternelle auprès de Dieu par l’Esprit Saint. 6  Autrement dit, l’Évangile est, d’abord et avant tout, la déclaration de ce que Dieu fait pour nous plutôt que ce que nous faisons pour Dieu et notre prochain. Au cœur de l’Évangile se trouve Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui s’offre sur une croix comme substitut qui subit le jugement de Dieu pour les péchés de son peuple, afin que Dieu puisse se réconcilier avec des hommes et des femmes injustes. Tout se fait par Dieu seul, tout vient uniquement de sa pure bonté, et tout est sans mérites et sans contribution aucunes de notre part.

Dans le contexte de la vie militaire, cet Évangile de Jésus-Christ est profondément radical et contre intuitif. La raison en est fort simple : la vie militaire se définit et se nourrit par la performance et le mérite. A peu près tout dans la vie d’un marin, soldat ou aviateur est axé sur deux grands principes : accomplir la mission et recevoir des honneurs. Depuis le premier jour de son cours de recrue jusqu’à la fin de sa carrière, un militaire est entrainé pour faire passer la mission avant tout et pour chercher les récompenses méritées – surtout les promotions  – pour un travail exécuté avec initiative, dévouement, et efficacité constants. Les devises et les slogans régimentaires occidentaux renforcent ces attitudes tant recherchées. Par exemple, la devise officieuse du Royal Canadian Regiment 7 est « Ne jamais passer sous silence une faute») et les devises des unités d’opérations spéciales sont souvent une variation de «Qui ose, gagne». 8 L’honneur est au cœur même de l’identité militaire, qui se résume au renforcement de notre identité au travers de la qualité de notre performance et notre dévouement. Aux yeux des militaires, nous sommes qui nous sommes parce que nous l’avons mérité.

Inversement, selon l’Évangile de Jésus-Christ, aux yeux de Dieu, nous sommes créés dignes et entièrement à son image mais nous avons fait un «coup d’État spirituel»  contre notre Créateur, pour ainsi devenir des hommes et des femmes déshonorés et indignes. Nous avons perdu notre honneur à un tel point que nous avons désespérément besoin de la miséricorde et du pardon que seul Jésus-Christ peut nous accorder. Lorsque cette grâce et ce pardon de Jésus saisissent et transforment notre cœur – pour la première fois et continuellement pendant la vie – l’identité du militaire change de deux façons permanentes et parfois difficiles à vivre.

D’abord, l’identité profonde du militaire chrétien ne vient plus de son grade ou de ses mérites militaires, mais plutôt de la dignité et des mérites de Jésus, qui lui sont crédités comme un cadeau immérité. Certes, même en étant chrétien, une partie importante de l’identité militaire continue de venir de notre grade et de nos promotions. Ce serait peu sage, même malhonnête, de nier notre humanité et la culture militaire. Toutefois, l’identité la plus profonde du militaire chrétien est désormais celle d’un enfant de Dieu, pardonné et aimé pour toujours par Jésus-Christ.

Cette nouvelle identité en Jésus-Christ transforme ensuite la façon dont un militaire chrétien agit envers ses supérieurs et ses subordonnés, comme l’explique l’apôtre Paul dans Éphésiens 6, les versets 5 à 9. En examinant le texte de plus près, nous constatons qu’une bonne partie du ministère de l’aumônier militaire protestant consiste à encourager des militaires chrétiens à mettre ce texte en pratique, et à l’appliquer à ceux n’étant pas encore chrétiens afin de leur expliquer comment leur vie changerait s’ils devenaient disciples de Jésus-Christ.

Dans ce texte, l’apôtre Paul parle surtout des relations entre maîtres et esclaves chrétiens du premier siècle, lesquels se trouvent souvent dans la même famille et la même Église locale. L’application première de ces versets est donc entre chrétiens. Toutefois, ces mêmes versets incluent des principes s’appliquant au chrétien dans ses liens plus généraux, par exemple au travail, ce qui englobe aussi la vie militaire. Voici ce que dit l’apôtre dans Éphésiens 6, les versets 5 à 9 :

5 Esclaves, obéissez à vos maîtres terrestres avec crainte et profond respect, avec sincérité de cœur, comme à Christ. Ne le faites pas seulement sous leurs yeux, comme le feraient des êtres désireux de plaire aux hommes, mais obéissez comme des serviteurs de Christ qui font de tout leur cœur la volonté de Dieu. Servez-les avec bonne volonté, comme si vous serviez le Seigneur et non des hommes, sachant que chacun, esclave ou homme libre, recevra du Seigneur le bien qu’il aura lui-même fait. Quant à vous, maîtres, agissez de même envers eux et abstenez-vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans le ciel et que devant lui il n’y a pas de favoritisme.

     Les versets 5 à 8 s’adressent particulièrement aux militaires chrétiens de rang – matelot, soldat, aviateur ; aux sous officiers : second maîtres, premier maîtres, sergents, adjudants – et à toute relation entre personnes de grades inférieur et supérieur.  Le verset 8 apporte tout particulièrement au militaire chrétien une profonde assurance de sa vraie identité, et ce, surtout lorsqu’on n’est pas promu ou quand ses efforts ne sont reconnus. Une partie fréquente du ministère de l’aumônier militaire est de conseiller des militaires croyants qui se sentent oubliés ou maltraités par « le système », et d’expliquer ce même Évangile aux non-croyants qui se trouvent dans cette situation difficile. Lorsque le moral d’une unité militaire est miné, une des principales causes est souvent un manque de reconnaissance venant des supérieurs, car le système militaire valorise tant la performance et la réussite. Or, au verset 8 l’apôtre dit au militaire chrétien « sachant que chacun, esclave ou homme libre, recevra du Seigneur le bien qu’il aura lui-même fait.» Bref, l’Évangile rappelle au militaire chrétien sa vraie récompense et lui apporte du réconfort lors des moments qu’on peut qualifier «d’échecs».  Jésus promet de récompenser le travail de son peuple, même lorsque les autorités humaines ne le font pas. Le résultat est que le militaire chrétien pourra accomplir sa mission et s’acquitter de ses responsabilités du mieux possible, tout en laissant entre les mains de Dieu les résultats et même les conséquences de son service. Au lieu de s’inquiéter des résultats d’une course «carriériste», le militaire chrétien, à travers l’Évangile, à la liberté de chercher d’abord et avant tout la récompense de son seul vrai Maître.

En deuxième lieu, le verset 9 s’adresse particulièrement aux officiers chrétiens subalternes et supérieurs, aux amiraux et généraux, et à toute relation d’un supérieur envers un subordonné. Voici ce qu’en dit l’apôtre : « Quant à vous, maîtres, agissez de même envers eux et abstenez-vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans le ciel et que devant lui il n’y a pas de favoritisme. » Ici encore, il est important de souligner que la première application de ce principe est au sein de l’Église. Toutefois, le ministère d’un aumônier militaire protestant auprès des militaires chrétiens de grade supérieur est de leur montrer comment l’Évangile change leur façon de commander de deux façons précises : dans leur façon de servir et dans leur exercice de la justice.

Premièrement, l’aumônier militaire a le rôle pour encourager et conseiller ceux et celles en position supérieure de servir plutôt que de se faire servir. On décèle, dans ces conseils, une consigne positive (à faire) et une consigne négative (à ne pas faire).

Du côté positif, le supérieur militaire chrétien est appelé par Dieu à traiter ses inférieurs avec humilité, respect et sincérité de cœur : «agissez de même».  Pourquoi ? Parce que le militaire chrétien a un Maître au-delà de l’État, c’est-à-dire Jésus-Christ, qui est venu servir plutôt que pour se faire servir. Jésus est le contraire de ce qui est considéré comme «normal» dans notre société occidentale. Cette dernière affirme que plus notre grade est élevé, plus nous devrions nous attendre à recevoir des honneurs et des récompenses, par exemple, un bon salaire, du prestige, et du pouvoir. Mais pour les militaires chrétiens qui se fondent sur l’Évangile, plus nous sommes gradés, plus nous sommes appelés à servir ses subordonnés et à mettre leurs intérêts avant les nôtres. Ce principe est enseigné et encouragé par l’aumônier militaire protestant. Cette façon de diriger est bien illustrée à travers une tradition dans l’Armée canadienne qui veut que lorsque les militaires mangent ils le font en ordre inverse de leur grade. Les simples soldats mangent en premier, suivis par les caporaux, les sergents et les adjudants. Ensuite viennent les officiers : des subalternes, des officiers supérieurs, et finalement, les généraux. L’officier le plus haut gradé est toujours le dernier à manger. De la même façon, un officier supérieur chrétien est appelé à servir plutôt que de se faire servir.

Du côté de la consigne négative (à ne pas faire), l’aumônier militaire encourage et enseigne les supérieurs chrétiens à ne pas abuser de leur pouvoir : «abstenez-vous de menaces». Il explique aussi aux supérieurs non chrétiens comment leur façon de commander changerait s’ils devenaient chrétiens. Certes, il y a une ligne assez mince entre commander de façon responsable et averti d’une part, et commander de manière abusive d’autre part. D’ailleurs, plus on monte en grade, plus la ligne entre les deux est mince. Néanmoins, la menace d’un supérieur envers ses inférieurs se manifeste dans la vie militaire lorsqu’on essaie de manipuler ou de contrôler la conscience d’autrui plutôt que d’inculquer l’obéissance venant d’un cœur libre, respectueux et engagé. Par exemple, on parle d’abus de pouvoir lorsqu’un supérieur menace d’exécuter des sanctions qui sont trop sévères pour une faute. L’abus peut également se produire lorsqu’il y a tentative de bloquer une promotion comme tactique de vengeance contre autrui. En tant que ministre de l’Évangile, l’aumônier chrétien appelle les militaires supérieurs chrétiens à ne jamais abuser de leur pouvoir, et il essaie de démontrer aux militaires non chrétiens pourquoi cette approche est celle de Dieu lui-même.

Deuxièmement,  l’aumônier militaire protestant cherche constamment à conseiller et à encourager les supérieurs chrétiens à agir de façon juste et impartiale, car Dieu lui-même «agit sans favoritisme». Tel qu’il a été expliqué ci-contre, l’Évangile de Jésus-Christ déclare que tous ceux qui se fient à Jésus comme leur substitut sont justifiés devant Dieu, sans égard à leurs mérites. Dieu agit sans partialité, par pure bonté. Il pardonne celui qu’il veut et tous ceux qu’il justifie reçoivent la plénitude de son pardon  pour toujours. Tous reçoivent donc la même justice. Or, celui ou celle dont le cœur est saisi et transformé par ce pardon sans mérites veut traiter son prochain sans favoritisme, en faisant preuve      d’une justice égale pour tous. Ce principe est particulièrement important pour les officiers supérieurs, ainsi que dans tout contexte militaire où il y a une interaction entre supérieur et subordonné, car celui en position supérieure est responsable d’appliquer la justice militaire sans favoritisme aucune, peu importe le grade. Autrement dit, les règles qui s’appliquent aux inférieurs s’appliquent avec la même rigueur envers même les plus hauts gradés. Le militaire chrétien agit ainsi non pas simplement parce que c’est la bonne chose à faire envers son prochain, mais surtout parce qu’il désire honorer son Maître Jésus-Christ, qui n’avantage personne. L’Évangile crée donc des hommes et des femmes qui apportent une intégrité soutenue dans les relations militaires car leurs supérieurs et leurs subordonnés sauront que ces militaires chrétiens seront justes envers tous.

II) LE RÔLE COMPLÉMENTAIRE DE L’AUMÔNIER MILITAIRE PROTESTANT

     Le deuxième rôle de l’aumônier militaire protestant est de faire face à un défi considérable : apporter une approche pastorale fondée sur l’exclusivité sotériologique de l’Évangile, dans un contexte social pluraliste.

Dans un État démocratique moderne, les forces militaires sont au service de tous les citoyens, de façon responsable et impartiale. Le système militaire d’un pays moderne est donc pluraliste, car il doit comprendre et respecter les croyances et convictions de tous ses citoyens. Par exemple, lorsque  l’apôtre Paul parle du volet militaire de l’État dans Romains 13, les versets 1 à 5, il est évident que ce rôle comprend tous les citoyens, et qu’il a été créé par Dieu lui-même, selon le dessein de sa grâce commune. Voici ce qu’en dit l’apôtre :

1 Chacun doit se soumettre aux autorités qui exercent le pouvoir. Car toute autorité vient de Dieu ; celles qui existent ont été établies par lui. 2 Ainsi, celui qui s’oppose à l’autorité s’oppose à l’ordre voulu par Dieu. Ceux qui s’y opposent attireront le jugement sur eux-mêmes. 3 En effet, les magistrats ne sont pas à craindre par ceux qui font le bien, mais par ceux qui font le mal. Désires-tu ne pas avoir à craindre l’autorité ? Alors, fais le bien et tu recevras des éloges, 4 car elle est au service de Dieu pour t’encourager à bien faire. Mais si tu fais le mal, crains-la ! Car ce n’est pas pour rien qu’elle a le pouvoir de punir : elle est au service de Dieu pour montrer sa colère contre celui qui agit mal. 5 C’est pourquoi il est nécessaire de se soumettre aux autorités, non seulement pour éviter la colère de Dieu, mais encore par devoir de conscience.

Le défi pour l’aumônier militaire protestant est d’offrir des soins pastoraux appropriés découlant de la grâce salvifique de Jésus-Christ dans une organisation dont le rôle se limite à la grâce commune. Par définition, le pouvoir militaire est limité en ce qu’il peut faire. Par exemple, le pouvoir étatique ne peut jamais changer le cœur humain. En ce sens, le pouvoir militaire est sans armes pour réconcilier les êtres humains avec Dieu et les uns avec les autres. Seule la justification venant de l’œuvre de Jésus-Christ pourra nous réconcilier avec Dieu et seule la sanctification venant de l’œuvre de l’Esprit Saint peut créer des progrès durables vers la réconciliation avec notre prochain, y compris avec notre ennemi. Cette double réalité de la légitimité du rôle militaire d’une part, et de la sotériologie exclusive de l’Évangile d’autre part, engendre, tôt ou tard, une tension importante chez l’aumônier militaire protestant. D’un côté, il veut honorer, par motif de conscience, la chaîne de commandement militaire. De l’autre côté, par amour pour Dieu et sa grâce salvifique imméritée envers son peuple, il veut maintenir le contenu et l’exclusivité de l’Évangile. Le défi de cette réalité est de rester libre pour choisir l’Évangile avant notre carrière militaire, car le carriérisme pourrait remplacer, en pratique, notre rôle pastoral d’appliquer l’Évangile de Jésus-Christ, surtout lorsque son fond exclusif interpelle ou dérange dans un contexte pluraliste.

Un exemple pratique de ce défi pastoral de rester centré sur l’Évangile est la prière publique lors des cérémonies ou rassemblements militaires. Certains pensent qu’un aumônier exerce surtout un rôle d’agent religieux de la grâce commune, alors le contenu de ses prières devraient être pluralistes, afin d’y valider toutes les croyances. Par contre, si un aumônier militaire protestant est surtout un ministère de l’Évangile de la grâce salvifique, envoyé par son Église, alors le contenu de ses prières sera trinitaire. Or, le présent article est de l’avis, à la lumière de la Bible, que le rôle de l’aumônier est celui de ministre de l’Évangile, envoyé par son Église. Il a donc la responsabilité d’assurer que ses prières publiques soient à la fois compréhensibles pour tous et en harmonie avec la confession de foi de sa famille ecclésiastique. Dans 1 Timothée 2, les versets 5 et 6, l’apôtre Paul dit :

 5 Car il y a un seul Dieu, et un seul intermédiaire entre Dieu et l’humanité, l’homme Jésus-Christ          6 qui s’est donné lui-même comme rançon pour la libération de tous. Il a apporté ainsi, au temps    fixé, la preuve que Dieu veut que tous les humains soient sauvés.

Dans ce texte, l’apôtre souligne qu’il n’y a qu’un seul substitut qui puisse nous réconcilier avec Dieu : Jésus-Christ. Il est le seul pour toutes les ethnies, pour toutes les cultures, pour toute l’histoire, parce qu’il est le seul qui nous pardonne par sa grâce au lieu de nous exiger à améliorer notre état spirituel pour mériter sa faveur. Autrement dit, il est le seul médiateur, soit en privé soit en public. L’aumônier militaire protestant cherche donc à offrir des prières et des soins pastoraux fondés uniquement sur l’Évangile, plutôt que de le faire en ayant un œil sur ses promotions potentielles ou l’avancement de sa carrière. Au fond, il s’agit aussi d’un test de sa crédibilité auprès des autres militaires. Prenons un exemple concret. La chose la plus difficile à faire pour un militaire chrétien est de désobéir à un ordre qu’il estime être en contradiction avec les Écritures saintes. Un militaire chrétien peut se trouver dans ce dilemme en refusant de tirer sur des non combattants, d’abuser des prisonniers, ou lorsqu’il dénonce un acte grave commis par un supérieur. De telles réponses à ces situations exigent un courage fort qui ne peut être présent que lorsqu’on se fie à Jésus avant tout. On ne peut mettre l’Évangile avant  notre carrière militaire que si Jésus seul est suffisant et que s’il passe avant toute autre chose.

Or, si un militaire dans une telle situation grave vient demander  «Padre, qu’est-ce que je devrais faire ?», il ne sera possible de conseiller avec intégrité de « faire ce qui honore Dieu » que si l’aumônier lui-même met en pratique les paroles qu’il partage. Autrement dit, un aumônier qui est fidèle à prier publiquement des prières trinitaires aura la crédibilité de conseiller un autre militaire de poser un geste difficile par motif d’amour pour Dieu. Être aux côtés des militaires et leur offrir des soins pastoraux dans les situations les plus difficiles veut également dire d’être prêts à faire soi-même ce qu’on conseille aux autres au nom de Jésus-Christ.

CONCLUSION

      En conclusion, il y a aura toujours des moments importants qui appartiennent au padre, au cours des exercices ou dans le feu de l’action. Dans l’infanterie, ces moments comprennent l’attente avant de partir en patrouille, où l’aumônier prie pour et avec ses troupes, en tête-à-tête. Un aumônier cherche certainement à partager l’Évangile du mieux possible avant un assaut. En position défensive, où les heures sont longues et souvent pénibles, un padre peut être un réconfort non seulement par sa présence mais aussi en communiquant la bonne nouvelle que Jésus a subi beaucoup plus afin de pardonner à tout jamais celui ou celle qui se fie à lui. Finalement, après des entrainements ou des batailles où il a des blessés, des prisonniers et des morts, l’aumônier apporte la Parole de Dieu sur la vie et la mort, sur le présent et l’éternité, en apportant le réconfort que Jésus seul peut nous donner.

Aux versets 20 à 26 du chapitre 12 de l’Évangile de Jean, nous lisons :

20 Quelques Grecs se trouvaient parmi ceux qui étaient venus à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête. 21 Ils s’approchèrent de Philippe, qui était de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent : « Maître, nous désirons voir Jésus. » 22 Philippe alla le dire à André, puis tous deux allèrent le dire à Jésus. 23 Jésus leur répondit : « L’heure est maintenant venue où le Fils de l’homme va être élevé à la gloire. 24 Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : un grain de blé reste un seul grain s’il ne tombe pas en terre et ne meurt pas. Mais s’il meurt, il produit beaucoup de grains. 25 Celui qui aime sa vie la perdra, mais celui qui refuse de s’y attacher dans ce monde la gardera pour la vie éternelle. 26 Si quelqu’un veut me servir, il doit me suivre ; ainsi, mon serviteur sera aussi là où je suis. Mon Père honorera celui qui me sert. »

Dans ce texte, Jésus dit que son heure est venue pour se donner sur la croix. Il descend au plus profond de la tranchée de notre misère remplie de péché, aux pires heures de notre vie. Il subit nos blessures à notre place, afin que nous soyons réconciliés avec Dieu pour toujours. Derrière cette mission de Jésus se trouve Dieu le Père qui envoie son Fils. Le résultat de sa mission, c’est la victoire de la vie éternelle à tous ceux et celles qui croient, une victoire rendue certaine par l’Esprit Saint qui fait renaître le cœur de son peuple. Bref, le Dieu trinitaire est le padre par excellence. Il ose servir plutôt que de se faire servir afin d’honorer celui qui le sert.

                                                                                      Notes

1.    « Le mot anglais «padre», d’usage courant su sein de l’Armée canadienne pour désigner l’aumônier, vient du mot espagnol ou portugais «padres» ou «père». La façon dont ce terme est entré dans le vocabulaire de l’armée britannique, qui fut la première à l’utiliser, demeure encore obscure. Il est possible que ce mot soit entré dans l’usage au cours de la guerre de l’Espagne ou encore par l’intermédiaire des régiments britanniques cantonnés en Inde, en Afrique où le terme était couramment utilisé par les Espagnols et les Portugais pour désigner les membres du clergé. »

Canada, Ministère de la Défense nationale, Manuel du Service royal de l’aumônerie canadienne,  A-CG-001-000/JD-000, Ottawa, 2003, p. 1-1

2.   Canada, Ministère de la Défense nationale, Ordonnances et règlements royaux applicables aux Forces canadiennes, chapitre 33.03, Ottawa, 2005, p. 3.

3.   A la connaissance de l’auteur, cette phrase est attribuable au théologien et apologète américain Francis Schaeffer (1912 – 1984), d’abord dans livre Two Contents, Two Realities, Downers Grove, USA, Inter Varsity Press, 1977.

4.   L’auteur préfère se limiter à sa propre expérience dans les armes de combat, de 1992 à 2008, lorsqu’il a servi comme aumônier du Royal Montreal Regiment, une unité de la Première Réserve de l’Armée canadienne.

5.  Un résumé concis du rôle du diacre vient de l’Ordre et discipline ecclésiastiques de l’Église réformée du Québec :

La fonction principale des diacres est de servir l’Église et le monde au nom du Seigneur selon l’Ecriture (l). A cet effet, le conseil des diacres doit exercer les ministères de l’aide aux membres dans le besoin, de la distribution des dons en argent ou en nature, et de la formation des membres en ce qui concerne les biens matériels. Par l’exercice de leur ministère, l’amour du Christ devient visible et réel, en particulier aux nécessiteux et à ceux qui souffrent matériellement, physiquement, émotionnellement et spirituellement. Les diacres servent l’Église par leur engagement et par leur exemple. Ils sont un modèle qui stimule chaque membre à s’engager avec fidélité dans son service particulier. Ils doivent faire preuve de sagesse, de dévouement et de discrétion. (Actes 6.2,3; Romains 12.7;  Romains 16.1,2).

L’Église réformée du Québec, Ordre et discipline ecclésiastiques, chapitre 2.4.1., édition du 15 mars 2001 http://www.erq.qc.ca/francais/ode_fr.html

6.   Le lecteur est invité à lire : Romains 3, 21 – 31; Romains 5, 1 – 11; Romains 8, 31 – 39;  Ephésiens 1, 3 – 14; Ephésiens 2, 1-10.

7.   Etabli en 1883, le Royal Canadian Regiment est le régiment d’infanterie le plus ancien de l’Armée canadienne.        Il a servi dans tous les conflits dans lesquels le Canada a été impliqué. Sa devise officielle est Pro Patri.

8. Les forces spéciales de certains pays occidentaux ont adopté des variations de la devise «Qui ose, gagne», dont l’origine remonte possiblement à David Sterling (‘‘Who Dares, Wins’’) le fondateur des commandos d’élite britanniques pendant la Deuxième guerre mondiale. Voir FERGUSON, Amanda, SAS : Special Air Service, New York, Rosen Publishing, 2003, p. 12.

 

  • Padre/Lcol (ret)  J.G. (Jean) Zoellner, MMM,CD est membre du corps pastoral de l’Église réformée du Québec, où il a exercé un ministère pastoral de 1983 à 2015.  Parallèlement, il fut aumônier dans la Réserve de l’Armée canadienne de 1991 à 2015, dont son dernier poste a été celui d’Aumônier adjoint du Commandement de l’Armée canadienne (2013-2015). Il est actuellement Doyen de Farel | Faculté de théologie réformée à Montréal. Lui et son épouse Daryl habitent Montréal.

Comment célébrer Noël

        Dans le présent article, je vous invite à considérer ce que dit l’apôtre Paul aux versets 1 à 11 du 2e chapitre de sa lettre à l’Église de Philippe, sous le titre: « Comment célébrer Noël ».

Commençons par un récit fictif. Il était une fois une Église connue pour la qualité de sa musique. Elle avait une excellente chorale et un soliste ayant une superbe voix de ténor. Or, en préparant la musique de Noël une année, le soliste provoque une dispute. Il affirme qu’il n’est pas bon pour la chorale et lui-même d’être en arrière de l’Église et en haut dans le balcon. Il veut que tous les musiciens soient en avant, afin que tous puissent les voir et mieux les apprécier. Toutefois, et le directeur musical et le pasteur décident de ne rien changer. Selon eux, le rôle de la chorale n’est pas d’offrir une prestation musicale, mais d’aider le peuple à prier ensemble par les chants. Hélas, suite à cette décision, le soliste quitte l’Église sur le champ. Inutile à dire que cette année-là, Noël a été célébré sans beaucoup de paix.

Or, actuellement, préparez-vous à célébrer Noël sans beaucoup de paix ? Sentez-vous qu’il y a d’autres dans votre Église qui ne vous accordent pas la reconnaissance que vous pensez mériter ? Êtes-vous déçus ou même piqués parce que l’Église semble oublier vos intérêts ? Dans votre mariage, trouvez-vous que votre mari ou votre épouse s’intéresse plus à sa carrière qu’à vos besoins ? Bref, lorsque nos relations avec les autres ne sont pas au beau fixe, il nous est difficile de savoir comment célébrer Noël.

       Heureusement, l’apôtre Paul propose une approche sage pour vivre des relations de paix ce Noël. Sa solution est plutôt simple : vivez Noël tous les jours de l’année ! Voici comment il le dit aux versets 1 à 11 de Philippiens chapitre 2:

1 Votre union avec le Christ vous donne-t-elle du courage ? Son amour vous apporte-t-il du réconfort ? Êtes-vous en communion avec le Saint-Esprit ? Avez-vous de l’affection et de la bonté les uns pour les autres ? 2 Alors, rendez-moi parfaitement heureux en vous mettant d’accord, en ayant un même amour, en étant unis de cœur et d’intention. 3 Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir inutile de briller, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. 4 Que personne ne recherche son propre intérêt, mais que chacun de vous pense à celui des autres. 5 Comportez-vous entre vous comme on le fait quand on connaît Jésus-Christ: 6 Il possédait depuis toujours la condition divine, mais il n’a pas voulu demeurer de force l’égal de Dieu. 7 Au contraire, il a de lui-même renoncé à tout ce qu’il avait et il a pris la condition de serviteur. Il est devenu homme parmi les hommes, il a été reconnu comme homme ; 8 il a choisi de vivre dans l’humilité et s’est montré obéissant jusqu’à la mort, la mort sur une croix. 9 C’est pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place et lui a donné le nom supérieur à tout autre nom. 10 Il a voulu que, pour honorer le nom de Jésus, tous les êtres vivants, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, se mettent à genoux, 11 et que tous proclament, à la gloire de Dieu le Père : « Jésus est le Seigneur ! » 

       Comment célébrer Noël. Le verset clé est le verset 5: «Comportez-vous entre vous comme on le fait quand on connaît Jésus-Christ». Pratiquement, ceci comprend deux (2) engagements quotidiens: (1) regardez Jésus tel qu’il est; et (2) mettez les autres avant soi.

       Comment célébrer Noël: Regardez Jésus tel qu’il est. Paul l’explique aux versets 6 à 8 :

6 Il possédait depuis toujours la condition divine, mais il n’a pas voulu demeurer de force l’égal de Dieu. 7 Au contraire, il a de lui- même renoncé à tout ce qu’il avait et il a pris la condition de serviteur. Il est devenu homme parmi les hommes, il a été reconnu comme homme ; 8 il a choisi de vivre dans l’humilité et s’est montré obéissant jusqu’à la mort, la mort sur une croix.

Or, en regardant Jésus, vous verrez quelqu’un d’unique et d’extraordinaire : il est est à la fois pleinement Dieu et pleinement humain. De plus, ses deux natures vivent en paix, l’une avec l’autre, en une seule personne.

D’un côté, dit la première partie du verset 6, en étant Dieu, il est tout puissant et tout majestueux, digne de toute notre adoration et obéissance. Vous ne pouvez pas traiter Jésus de façon détendue, ordinaire, ou banale. Il est d’ailleurs beaucoup plus qu’un excellent exemple à suivre. Il est Dieu tout puissant, le Roi des rois. Vous venez à Jésus à genoux, devant toute sa gloire divine !

De l’autre côté, dit la deuxième partie du verset 6, en devant humain lors de sa conception et en naissant lors du premier Noël, il a choisi lui-même de ne pas se prévaloir de toute la reconnaissance qui lui revient de droit. Il est important à noter que le verset 6 ne dit pas que le Fils a cessé d’être Dieu en devenant homme, ou qu’il a vidé sa personne de son statut divin. Le verset dit plutôt ceci : tout en étant pleinement Dieu, il a choisi de ne pas exercer son ministère avec toute la gloire divine qu’il mérite.

Au contraire ! Selon les versets 7 et 8, en devant homme il a choisi la condition humaine la plus basse qui soit : celle d’esclave («serviteur»). Il a vécu ainsi afin d’obéir parfaitement à son Père, à notre place, pour enfin mourir sur une croix destinée aux meurtriers et brigands, afin d’y prendre sur lui-même la pénalité de nos péchés !

Il y a, certes, tellement à dire ici, mais nous offrirons un seul commentaire si important pour notre vie. Le voici : il n’y a pas de contraction entre égalité et soumission. D’une part, notre Seigneur Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Dans son être, il est entièrement égal à Dieu le Père et à Dieu le Saint-Esprit. D’autre part, pour accomplir la mission de Dieu de se réconcilier avec nous ses ennemis, Jésus se soumet au Père et au Saint-Esprit, et vient même nous servir plutôt que de se faire servir.

En voici une illustration. Dans le monde militaire, les grades inférieurs saluent les grades supérieurs. Mais attention ! Les grades inférieurs ne saluent pas la personne exaltée du grade supérieur  ! Autrement dit, on ne salut pas un grade supérieur parce que cette homme ou femme est plus noble, plus digne ou plus intelligent. Tous les militaires sont égaux en termes de leur être ou de leur personne. Par contre, on salue la mission ou la responsabilité que le gouvernement a confiée au grade supérieur et on se soumet aux ordres de notre supérieur. De même, lorsque le Fils de Dieu devient homme lors de sa conception en Marie, il le fait pour accomplir la mission de la Trinité. Pour accomplir cette mission, Jésus assume un grade inférieur. Il vient faire la volonté de son Père tout en dépendant de la puissance de l’Esprit Saint à la fois pour sa conception humaine, sa naissance et pour accomplir tout son ministère. Voilà votre Seigneur Jésus tel qu’il est et tel qu’il désire que vous le connaissiez !

     Comment célébrer Noël: Mettez les autres avant soi. Paul le dit aux versets 1 à 4 :

 1 Votre union avec le Christ vous donne-t-elle du courage ? Son amour vous apporte-t-il du réconfort ? Êtes-vous en communion avec le Saint-Esprit ? Avez-vous de l’affection et de la bonté les uns pour les autres ? 2 Alors, rendez-moi parfaitement heureux en vous mettant d’accord, en ayant un même amour, en étant unis de cœur et d’intention. 3 Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir inutile de briller, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. 4 Que personne ne recherche son propre intérêt, mais que chacun de vous pense à celui des autres.

        Bref, dit Paul, tout comme il n’y a pas de contradiction entre égalité et soumission en la personne de notre Seigneur Jésus-Christ, de même, il n’y a pas de contradiction entre égalité et soumission dans nos relations comme frères et sœurs dans son Église.

Considérons en premier l’égalité, selon les versets 1 & 2. Comme chrétiens, nous sommes tous unis à notre Seigneur Jésus. Nous sommes tous unis à l’Esprit Saint. Nous sommes tous appelés à un même amour en étant unis de cœur. Puis-je le dire autrement ? Vous êtes tous les enfants de Dieu votre Père qui vous aime comme il aime son propre Fils ! Vous êtes tous remplis de sa grâce. Vous êtes tous remplis de son Esprit. Il n’y a pas de chrétiens de second ordre : Jésus vous chérit tous pleinement.

Par la suite, passons à la soumission, selon les versets 3 & 4. Il  est assez évident que Paul nous appelle à regarder les intérêts et besoins de nos frères et sœurs comme en étant plus importants que les nôtres. Alors, pour servir l’autre avant soi, je dois faire avancer les besoins de l’autre en premier. Dieu nous appelle à une attitude et à un comportement  de soumission dans nos relations les uns avec les autres, une soumission venant de notre relation avec Jésus lui-même et de sa façon de faire sa mission.

Vous êtes peut-être en train de vous demander « D’accord, mais comment le faire en pratique ? Jésus vit ainsi, certes, mais nous ne sommes pas Jésus ! Nous sommes aux prises avec nos péchés, notre insécurité, nos échecs, nos peurs.»

Toutefois, Paul nous appelle à vivre comme ceux et celles qui connaissent Jésus et qui sont engagés à vivre comme Lui. Pour nous aider et nous encourager à vivre ainsi, regardons de plus près ce que dit l’apôtre au verset 3: « Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir inutile de briller, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes.»

Il y a dans ce verset une chose négative (-) à combattre et une chose positive (+) à faire tous les jours.

Le négatif (-) en premier: Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir inutile de briller.  La cause principale des bris de nos relations, c’est l’ambition égoïste de notre orgueil ! Alors, combattez votre orgueil par l’assurance de qui vous êtes en Jésus.

Vous souvenez-vous du chanteur soliste au début du présent article ? Il avait une opinion de lui-même plus haute que méritée. Nous l’avons aussi, ou Paul n’aurait jamais écrit ces mots ! Nous nous estimons trop et sommes dérangés par d’autres qui ne partagent pas notre opinion de nous-mêmes. Parfois nous vivons également un profond manque d’estime de soi. Hélas, ceci vient assez souvent d’une opinion trop haute de nous-mêmes. Or, dit Paul, soyez libérés de ce piège orgueilleux ! Jésus nous aime comme ses enfants non pas parce que nous sommes compétents et de grandes réussites. Il nous aime, simplement parce qu’il nous aime. De plus, il est parfaitement compétent et la réussite parfaite pour nous. Il nous donne son statut, il nous accorde son héritage, il partage ses dons avec nous. Trouons notre identité en lui. Nous serons ainsi libérés de la quête d’être quelqu’un de magnifique. Nous serons libérés pour vivre en paix avec notre identité et nos compétences plutôt ordinaires.

      Ensuite le positif (+): Avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. Bref, priez fort et travaillez fort afin de vous mettre dans la peau de l’autre. C’est de l’empathie : l’effort soutenu pour ressentir ce que l’autre ressent.  Quel est  le but de l’empathie ? Servir l’autre. Afin que l’autre soit libre pour servir Dieu. Autrement dit, faites tout pour rendre les autres libres de servir Jésus comme ils désirent le faire, à la lumière des Écritures.

      Par exemple, dans votre Église, est-ce qu’il y a quelqu’un ou des gens qui font ce que vous n’aimez pas faire ? Allez les encourager. Y’at-il des gens qui ne reçoivent pas assez de reconnaissance ou d’aide ? Allez les servir et les honorer. Avez-vous des doutes au sujet du comportement d’un frère ou d’une sœur ? Traitez-le avec douceur, et en cas de doute légitime, accordez-leur le bénéfice du doute. En Jésus, vous êtes libres pour vous mettre dans la peau de l’autre, afin de faire passer ses intérêts avant les vôtres.

       Un autre exemple. Dans notre vie de couple, nous voulons élever nos enfants de la meilleure façon possible. Toutefois, il est possible que notre couple ne soit pas d’accord sur ce qui est la meilleure façon. Afin d’arriver à un consensus, il sera probablement nécessaire de bien écouter en premier les intérêts de l’autre. Ou bien, comme mari ou épouse, vous pensez peut-être que votre carrière va bien là où vous êtes. Toutefois, est-ce que votre époux ou votre épouse souffre dans la situation actuelle ? Ou vice-versa, vous croyez que vous avez plus à offrir dans votre carrière et qu’un déménagement s’impose. Est-ce que votre mari ou votre épouse l’envisage du même œil ? En Jésus, vous êtes libres de vous mettre dans la peau de l’autre, afin de faire passer ses intérêts avant les vôtres.

        Cette année, préparez-vous à célébrer Noël sans beaucoup de paix ? Sentez-vous qu’il y a d’autres dans votre Église qui ne vous accordent pas la reconnaissance que vous pensez mériter ? Trouvez-vous que l’Église vous oublie trop souvent ? Dans votre mariage, pensez-vous que votre mari ou votre épouse s’intéresse plus à sa carrière qu’à vos besoins ? Il y a de l’espoir : laissez Jésus vous servir, celui qui place votre vie avant la sienne. Laissez-le vous servir tous les jours, pour ainsi célébrer Noël tous les jours. Vous ne pouvez pas changer l’attitude de l’autre, mais vous pouvez changer votre attitude ! Voilà comment célébrer Noël.

  • JG Zoellner

David CRAIG (1937-2001): Capsule historique

CAPSULE HISTORIQUE: le pasteur David CRAIG (1937-2001)
David Craig fut un pionnier du renouveau de la mission réformée francophone au Québec. A la fois pasteur, aumônier militaire, missionnaire et le fondateur de FAREL | Faculté de théologie réformée, les premiers cours de FAREL se donnaient au sous-sol de la maison familiale à Québec vers la fin des années 1970.
Sur sa pierre tombale dans le cimetière anglican de Berthierville (Québec), il est écrit: « CRAIG, David Trevor, 1937-2001, beloved husband and papa, pionnier de l’Eglise réformée du Québec, pasteur bien-aimé, Soli Deo Gloria »
L’homme et sa vie méritent d’être mieux connus et appréciés. Voilà pourquoi nous vous recommandons la lecture du livre (2009) de Jason Zuidema (PhD, McGill) intitulé « Vie et Pensées de David Craig, 1937-2001: Missionnaire Presbytérien Canadien ».
Notre Dieu lui-même nous commande d’étudier et de connaître l’histoire de son Église et de ses serviteurs: « Souvenez-vous de vos anciens dirigeants, qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Pensez à la façon dont ils ont vécu et sont morts, et imitez leur foi.» (Hébreux 13, le verset 7)

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Bonne lecture !

Fatigué de vivre – Livre de Job, chapitre 3

      Pourriez-vous imaginer un bon repas bien servi, mais dont le tout est couvert par une nappe noire placée au-dessus du repas ? Cette nappe symbolise la perspective du 3e chapitre de Job : la vie commence bien, en étant belle, mais elle est couverte d’une nappe cynique, souffrante et désespérée. Parfois, on dit que la foi chrétienne cultive une attitude naïve et sentimentale face à la vie, parce que les chrétiens refusent de faire face à la laideur et la souffrance de la condition humaine. Certes, il nous arrive de ne pas vouloir vivre ce qui est pénible. Toutefois, ce chapitre 3 de Job est marquée de réalisme. Il est sombre et difficile à lire, car il affronte – honnêtement – le péché, la souffrance et la douleur. On pourrait même intitulé ce chapitre Fatigué de vivre.

J’aborde ce chapitre doucement et, j’espère, avec du respect. Si vous êtes déjà passés par cette expérience d’être fatigué de vivre, vous saurez combien elle est pénible. Si vous y êtes actuellement, vous savez combien vos émotions basculent entre larmes et colère. Alors, en allant doucement, essayons de voir pourquoi on est parfois fatigué de vivre, et comment la grâce de Jésus peut nous faire revivre, librement.

Commençons par ce poème ou lamentation de Job où il se plonge dans les profondeurs du désespoir. On va s’arrêter à deux émotions fortes qu’il vit : (1) je suis fâché ; et (2) je suis épuisé.

 

       (1) D’abord, je suis fâché par l’absurdité de ma vie (v. 1 – 10). Quelques versets parmi les dix premiers seront suffisants pour ressentir un peu la colère de Job. Les versets 1 à 3, où Job maudit à la fois la nuit de sa conception et le jour de sa naissance : « 1 A la fin, Job se décida à parler et maudit le jour de sa naissance. 2 Voici ce qu’il dit : 3 Ah ! que disparaisse le jour de ma naissance
 et la nuit qui a dit : « Un garçon est conçu » !»

       Job se plaint amèrement de vivre. Il regrette sa vie. Pourquoi ? Il ne peut pas concilier, au fond de son cœur, la vie et la souffrance injuste qui cause tant de chagrin. Tout est absurde. Cette absurdité est si obscure que pour lui, mieux de ne jamais naître. Avez-vous déjà vécu de tels sentiments ? Les vivez-vous actuellement ?

Pour le chrétien, ces sentiments nous sont réels et difficiles. On se dit « Si Dieu est si bon et si fort, comment se fait-il que moi, et d’autres, subissent des souffrances injustes ou une maladie incurable » On peu parfois se plaindre que Dieu ne semble pas être bon. Ou bien, qu’il ne soit pas capable, car tout semble absurde. De plus, notre propre frustration ou colère est empirée par d’autres qui disent          « Vous voyez, la souffrance injuste prouve que la vie est absurde et qu’il est illusoire de croire en Jésus-Christ.» Oui, notre souffrance injuste et celle des autres peuvent ébranlées notre foi.

Pour le non-croyant, je crois que ces sentiments sont encore plus déchirants ! Pourquoi ? Parce que s’il n’y a pas de Dieu et si Jésus n’a rien à offrir, alors tout ce qui reste est l’absurdité et la vanité. C’est un monde où, ultimement, il n’y ni injustice ni souffrance, car là où il n’y pas de Dieu, tout n’est que du hasard. Ce qu’on appelle «la souffrance injuste» ne l’est pas. Elle n’est que la banalité normale de la réalité telle quelle.  Fatigué de vivre…c’est difficile parfois pour le chrétien…et beaucoup plus pénible pour ceux qui ne croient pas. Dans les deux cas, que Dieu remplisse notre coeur de sa compassion.

       (2) Je suis épuisé par la douleur de mon corps (v. 11-26). Dans un sens, Job semble changer de ton un peu dans cette partie du poème. Au lieu d’être fâché, il est épuisé. Encore, écoutons quelques versets. Le verset 17: « Dans la tombe, les méchants ne s’agitent plus, et les gens épuisés se reposent enfin. » Le verset 20 : «Pourquoi Dieu fait-il voir le jour aux malheureux, à ceux qui doivent vivre une existence amère ?» Ou bien les versets 25 & 26 : 25 Si j’éprouve une crainte, elle se réalise;
 ce que je redoutais, c’est cela qui m’arrive ! 26 Je ne connais plus ni tranquillité, ni paix,
 ni repos, mais je suis assailli de tourments.»

       Voici un homme épuisé par sa souffrance physique. Il est surtout tourmenté par une crainte profonde, à savoir, que son corps est devenu une prison sans issu. Il craint que ses souffrances et sa douleur ne cessent jamais, qu’il n’ait jamais de paix. Il regarde ceux qui sont morts comme en étant davantage bénis que lui, car ils vivent la paix et le repos qu’il  ne connaît point. Il est angoissé et épuisé par la crainte qu’il vivra toujours le malheur sans jamais expérimenter le bonheur. Si vous avez déjà vécu une maladie grave et chronique, ou si vous faites face à une maladie incurable, ou si vous connaissez des soldats vivant avec des blessures graves permanentes, alors vous comprendrez très bien combien Job se sent épuisé et sans issu. Fatigué de vivre.

Or, si on mettait ensemble ces émotions de colère et d’épuisement, qu’est-ce qu’elles auraient en commun ? Elles sont sans arrêt, sans répit ! Elles grugent, constamment, jusqu’au fond de l’âme. Pour Job, et pour beaucoup aujourd’hui, cette déchirure est pire lorsqu’on essaie de tout comprendre ou d’offrir des «remèdes à rabais»… lorsqu’on essaie d’être plus sage que Dieu. Job, lui, comprend bien qu’il est innocent et qu’il n’y a aucune justification de ses souffrances. Le problème, toutefois, n’est pas là. Il conclue plutôt que tout en étant innocent, Dieu ne veut pas son épanouissement ! Alors, pourquoi vivre ?

Aujourd’hui, en tant que chrétiens, que faire face à notre colère et épuisement ? Que faire lorsque vous êtes complètement dépassés et fatigués de vivre ? Eh bien, le réalisme et la frustration de Job nous amènent – tous les jours – dans les bras de Jésus. Puis-je dire deux choses ici ? (1) Dans les bras de Jésus, vous verrez la vie autrement ; et (2) dans les bras de Jésus vous vivrez la souffrance autrement. Je m’explique.

(1) Dans les bras de Jésus il est possible de voir la vie autrement. Écoutons bien ce qu’en dit l’apôtre Paul aux versets 1 à 4 de 1 Corinthiens 15 :  « 1 Frères, je désire vous rappeler maintenant la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée, que vous avez reçue et à laquelle vous êtes fermement attachés. 2 C’est par elle que vous êtes sauvés, si vous la retenez telle que je vous l’ai annoncée ; autrement, vous auriez cru inutilement. 3 Je vous ai transmis avant tout cet enseignement que j’ai reçu moi-même : le Christ est mort pour nos péchés, comme l’avaient annoncé les Écritures ; 4 il a été mis au tombeau et il est revenu à la vie le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Écritures.»

Lorsqu’on regarde Jésus et tout ce qu’il a fait ( et fait!) pour nous, il nous amène tranquillement à voir la vie autrement. Pour Job, lui, son but ultime était d’être en paix, d’être épanoui. Encore aujourd’hui, beaucoup croient que la chose la plus importante dans la vie, c’est pouvoir s’épanouir. La vie vaut la peine seulement si nos rêves se réalisent. Maintenant, relisons les versets 3 & 4 : « 3 Je vous ai transmis avant tout cet enseignement que j’ai reçu moi-même : le Christ est mort pour nos péchés, comme l’avaient annoncé les Écritures ; 4 il a été mis au tombeau et il est revenu à la vie le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Écritures.»

       L’apôtre Paul dit que le but ultime de la vie – avant tout – c’est d’être unis à Jésus-Christ dans sa mort et sa résurrection. Puis-je le dire autrement ? Le but ultime de la vie, c’est d’être en communion avec Jésus dans son pardon et sa vie. Le but ultime de notre vie est plus que notre épanouissement personnel. C’est d’être dans les bras de Dieu lui-même. Il y a longtemps, l’auteur britannique C.S. Lewis explique cette différence par une illustration. Lewis dit qu’on peut chercher à vivre dans la lumière et la chaleur venant du soleil. Vivre sous le soleil, c’est chercher le bonheur en essayant d’expérimenter toutes les bonnes choses de la vie. Mais, dit Lewis, la vraie vie, c’est de connaître Celui qui a créé le soleil et tous ses bienfaits. Le soleil peut certes nous faire du bien, mais le Créateur du soleil pourra nous faire beaucoup plus de bien !

Le but ultime de votre vie, c’est d’être dans les bras du Créateur, qui est aussi notre Rédempteur. Certes, notre vie actuelle est importante, mais le meilleur reste à venir. Le plus important, c’est la vie à venir lorsque vous serez avec Jésus, face à face, dans un nouveau corps ressuscité. Comment pouvons-nous nous aider à vivre ainsi ? Eh bien, dans l’Église, il me semble qu’il nous serait sage de prendre du temps, régulièrement, pour nous préparer à mourir. Par exemple, dans nos prières, nous pouvons demander à Dieu de cultiver en nous un désir croissant d’être dans ses bras, face à face. Ou bien, nous pourrions prier Dieu de nous aider à relâcher notre prise parfois exagérée sur la vie actuelle, afin de souhaiter beaucoup plus celle de notre résurrection à venir. Bref, les soins pastoraux que nous pouvons offrir les uns aux autres comprendront cet encouragement  à rechercher la meilleure vie à venir.

(2) Dans les bras de Jésus il est possible de vivre la souffrance autrement. Écoutons un autre texte de l’apôtre Paul, dans 2 Corinthiens 1, les versets 3 à 5 : «3 Louons Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père riche en bonté, le Dieu qui accorde le réconfort en toute occasion ! 4 Il nous réconforte dans toutes nos détresses, afin que nous puissions réconforter ceux qui passent par toutes sortes de détresses en leur apportant le réconfort que nous avons nous-mêmes reçu de lui. 5 De même en effet que nous avons abondamment part aux souffrances du Christ, de même nous recevons aussi un grand réconfort par le Christ.»

On dit parfois que ceux qui cherchent ardemment la vie à venir ne s’engagent plus à la vie actuelle. Cela peut arriver, mais généralement, c’est le contraire qui se produit !

Par exemple, si vous désirez être dans les bras de Jésus, c’est parce que vous savez qu’Il vous aime. Parfois, on ne ressent pas son amour, mais nos émotions ne sont pas le garant de l’intensité de son amour. Il nous aime même lorsque nous ne ressentons pas son amour. Or, voici comment cette vérité  peut changer notre attitude: notre souffrance devient de moins en moins une fin en soi. On commence à comprendre que Dieu pourrait même nous libérer de notre préoccupation de notre situation, afin d’aller vers les autres pour les servir, les soigner et les réconforter.

Toutefois, ceci est souvent plus facile à dire qu’à faire ! C’est parfois même une lutte à mener quotidiennement dans la prière, seul et avec d’autres. « Père, aide-moi à ne pas m’apitoyer sur mon sort, mais à mettre mon sort entre tes mains. Père, aide-moi à chercher d’abord ta présence et ton règne, même lorsque mon corps est malade et épuisé. Père, aide-nous à nous encourager les uns les autres, surtout pour expérimenter ton réconfort au-delà de notre souffrance, et pour le partager avec d’autres.»

Il  y a quelques années j’écoutais une émission radiophonique où les participants débattaient le droit de mettre fin à ses jours lorsque la vie n’est plus épanouissante. Tout le monde parlait favorablement de pouvoir mettre fin à ses jours. Sauf une dame ! Elle dit: « Je ne comprends pas pourquoi les Québécois sont plus préoccupés par la mort que par la vie !»

Je comprends cette dame, car il y a un profond paradoxe dans la vie. Le voici: plus on s’attache à l’épanouissement de la vie actuelle, plus on sera préoccupé par la mort lorsque ce bonheur n’y est plus; par contre, plus on s’attache à vivre face à face avec Dieu dans la vie à venir, plus on sera préoccupé par la vie actuelle même dans nos souffrances.

Job nous rappelle pourquoi ceci est vrai: si notre but ultime de la vie est notre épanouissement personnel, alors, tôt ou tard, on est fatigué de vivre. Jésus, par contre, vous porte dans ses bras et vous réconforte, surtout lorsque vous êtes fatigués de vivre. Il est ressuscité. Il est l’auteur de la vie. Il est rédempteur de la vie. Voilà pourquoi lorsqu’on enlève cette nappe noire, on découvre son repas, savoureux et invitant, car il veut nous nourrir à tout jamais ! Et nous sommes plus épanouis que nous ne pourrions jamais espérer ! En étant unis à lui, au lieu d’être fatigué de vivre, nous sommes libres de vivre.

  • J.G. Zoellner

Oser être plus sage que Dieu – Job, chapitre 1

« L’habit ne fait pas le moine » dit le dicton, ou si vous voulez, les apparences sont parfois trompeuses, car la vie est plus complexe que prévue.  Toutefois, nous ne sommes pas toujours à l’aise devant cette réalité. Nous préférons une vie stable, prévisible et compréhensible, surtout dans nos relations avec d’autres, y compris avec Dieu lui-même. Nous appelons cette stabilité «la sagesse», à savoir, l’art de pouvoir agir de façon juste, au bon moment, en toute connaissance de cause.

Voilà pourquoi nous sommes parfois déroutés par ce récit biblique portant le titre Job. Il dresse un tableau d’événements douloureux qui dépassent notre sagesse, car notre sagesse ne peut ni comprendre ce qui nous arrive, ni guérir notre profond chagrin.

Nous ne savons pas beaucoup au sujet de Job. Certains croient qu’il est un homme qui vivait à l’époque de Moïse, peut-être autour de l’an 1 400 avant Jésus-Christ. D’autres croient qu’il n’a jamais existé, mais que cette histoire a été écrite, sous l’inspiration de Dieu le Saint-Esprit, pour nous amener à réfléchir davantage à notre relation avec Dieu et notre prochain. D’autres croient – et c’est la position avancée dans le présent article – que Job a bel et bien existé, mais que sa vie a été transformée en une sorte de parabole qui nous amène à chercher une autre sagesse dans ce monde où la souffrance peut nous frapper, soudainement et de plein fouet.

Dans ce premier chapitre, il y a une profonde tension qui nourrit tout le livre, et dont la résolution n’arrive qu’au tout dernier chapitre. Cette tension influe beaucoup sur notre relation avec Dieu lui-même, et avec nos plus proches.

Commençons en relisant les versets 1 et 22, le premier et le dernier verset du chapitre :

« 1 Il y avait une fois au pays d’Ous un homme du nom de Job. Cet homme était irréprochable, droit, fidèle à Dieu et se tenait à l’écart du mal. 22 Dans tous ces malheurs Job ne commit ainsi aucune faute ; il ne dit rien d’inconvenant contre Dieu.»

Bref, peut importe les circonstances et les apparences, au fond de ses motifs, Job reste intègre.

Lisons, maintenant, les versets 9 à 11, où l’intégrité de Job est mise en doute :

9 « Si Job t’est fidèle, répliqua l’accusateur, est-ce gratuitement ? 10 Ne le protèges-tu pas de tous côtés, comme par une clôture, lui, sa famille et ses biens ? Tu as si bien favorisé ce qu’il a entrepris, que ses troupeaux sont répandus sur tout le pays. 11 Mais si tu oses toucher à ce qu’il possède, il te maudira ouvertement ! »

Or, que se passe-t-il ici ? En hébreu, le mot pour «accusateur» est hassatan. Alors, au fils des années, des traductions de la Bible présentent ici un dialogue entre Dieu et Satan. Toutefois, dans tout le reste de la Bible, Dieu ne traite jamais Satan de cette façon et n’entre jamais dans un genre de «pari» avec lui. Par contre, en prenant ce récit plutôt comme une parabole, on voit bien que «l’accusateur» sert Dieu et fait partie de son peuple. Bref, dans cette parabole, l’accusateur incarne une «sagesse» qui peut nous attirer tous, mais qui est fausse ! 1

Lorsque vous regardez de nouveau les versets 9 à 11, que voyez-vous dans les paroles de l’accusateur ? Deux choses : d’abord, il remet en question les connaissances de Dieu ; et ensuite, il remet en question les motifs de Job. Voici peut-être le premier texte de ce que les philosophes appellent aujourd’hui la «déconstruction». Bref, tout le monde essaie de construire son identité, car on estime que la valeur humaine la plus importante, c’est l’autonomie. Etre libre de faire et de parfaire sa propre identité. Toutefois, la décontraction croit qu’une telle tentative est toujours fausse.  Autrement dit,  tout le monde est hypocrite, y compris Dieu. Or, l’accusateur essaie de «déconstruire» à la fois Dieu et Job. L’accusateur prétend que Dieu ne sait pas ce qui motive son serviteur et l’accusateur dit que derrière une façade noble, Job cache des motifs égoïstes et malfaisants. 2

Puis-je le dire ainsi ? Le livre de Job est, au fond, une grande parabole qui expose la folie d’oser être plus sage que Dieu. Au fond de cette tentative d’oser être plus sage que Dieu, c’est la présomption, devant la souffrance, d’être mieux informé que Dieu lui-même et de pouvoir lire le cœur des autres qui y sont impliqués. Autrement dit, cette tentative de «sagesse» n’est pas sage, car elle est, au contraire, un procès d’intention qui nous fera plus de mal que de bien. Dans les chapitres à venir, vous allez rencontrer des gens qui, tout comme l’accusateur, prétendront connaître les motifs qui animent Job. Et plus tard, vous verrez que Job lui-même dira à Dieu que Dieu ne joue pas selon les règles que Job estime être les bonnes, car Job prétend mieux comprendre que Dieu ! 3    Oser être plus sage que Dieu.

Eh bien, que faire ? Nous avons besoin d’une autre sagesse, une vraie sagesse. Voici ce qu’en dit l’apôtre Paul aux versets 19 à 21 de 1 Corinthiens, chapitre 1:

«19 Voici ce que l’Écriture déclare:
« Je détruirai la sagesse des sages, 
je rejetterai le savoir des gens intelligents. » 20 Alors, que peuvent encore dire les sages ? ou les gens instruits ? ou les discoureurs du temps présent ? Dieu a démontré que la sagesse de ce monde est folie ! 21 En effet, les humains, avec toute leur sagesse, ont été incapables de reconnaître Dieu là où il manifestait sa sagesse. C’est pourquoi, Dieu a décidé de sauver ceux qui croient grâce à cette prédication apparemment folle de la croix.»

Jésus-Christ n’est pas une forme de sagesse parmi d’autres ; il est la sagesse elle-même ! Pourquoi ? Parce que la vraie sagesse est toujours à la fois relationnelle et rédemptrice. C’est le pouvoir de renouveler et de parfaire des relations cassées, à la fois avec Dieu et avec autrui. Parfois, la sagesse de Dieu nous paraîtra comme en étant absurde: de la souffrance et de l’injustice sans explications. Toutefois, pour ceux que Dieu aime en son Fils,  sa sagesse est toujours motivée par sa gloire et sa grâce personnelles. La preuve ? La croix de Jésus-Christ lui-même.

Dieu vient dans notre misère, pour prendre sur lui-même notre péché contre lui et contre notre prochain. Il vient satisfaire à sa justice pour nous. Toutefois, sa façon de faire paraît si injuste : la croix de la peine capitale infligée à un innocent ! C’est le contraire de ce qu’on attend, car il nous est difficile d’accepter qu’un tel crime puisse venir de son amour, de sa bonté, de sa grâce. Voilà ce qui nous dépasse: Comment croire que sa bonté s’accomplit au travers de la souffrance et de l’injustice ? Notre     « sagesse » ne peut arriver à une autre conclusion. Oser être plus sage que Dieu. 

Il se peut que vous soyez en train de lire cet article, tout en étant profondément tristes, voir démolis. Vous vivez le chagrin. Des choses vous arrivent qui vous dépassent. Vous êtes blessés par les autres. Vous essayez de vous soigner en espérant pouvoir comprendre ce qui a motivé les autres de vous traiter ainsi. Mais vous n’êtes pas Dieu.  Alors, il vous est impossible de comprendre pourquoi. Pire, tenter de saisir et de juger les motifs des autres finit par empirer votre propre souffrance.

Ou bien, dans votre douleur réelle, vous pensez que Dieu n’est pas juste et qu’il est incapable de vous montrer la moindre empathie. Encore, vous n’êtes pas Dieu. Alors, il vous sera impossible d’expérimenter, avec certitude, ce que Dieu expérimente. Autrement dit, juger Dieu finira par empirer votre souffrance. Puis-je le dire ainsi ? Notre sagesse ne pourra jamais comprendre ou cerner notre chagrin. Voilà pourquoi la pire chose que nous puissions faire, c’est oser être plus sage que Dieu !

Toutefois, il y a une autre option: laissez Jésus-Christ vous porter au travers de votre souffrance et de votre cœur brisé. Lui seul connaît les motifs des autres, et les vôtres. Lui seul vous aime véritablement. Il est le seul ayant le pouvoir pour transformer votre souffrance en guérison, et ceci, jusqu’au fond de votre âme. Oser être plus sage que Dieu tourne toujours au vinaigre: on finit par  juger les motifs des autres et de Dieu lui-même. Par contre, la sagesse qui vient de Dieu finit par se remettre entre ses bras: « Seigneur, je ne comprends pas pourquoi tu permets une telle souffrance dans ma vie. Je ne peux rien faire et je ne peux rien dire. Je vais simplement me fier à toi et t’attendre, parce que tu m’aimes et tu veux ta gloire et ta bonté dans ma vie. »

Comme le dit le verset 7 de Proverbes 1 : « Rester silencieux entre les mains du Seigneur est le commencement de la sagesse.»

  • J.G. Zoellner

Notes

  1. L’argument avancé ici vient de Longman III, Tremper, Commentary on Job, Grand Rapids, E-U, Baker Academic, 2012.
  2. Longman III, Commentary on Job
  3. Longman III, Commentary on Job

Le pouvoir : levez les yeux vers l’autre – Matthieu 20, 25 à 28

Aujourd’hui, nous revenons sur une histoire déjà racontée dans un article précédant. En 1870, Lord Acton, homme politique chrétien d’Angleterre se rend au Vatican, à Rome. Sa mission ? En tant que Catholique romain engagé, il veut persuader les cardinaux réunis au Premier Concile du Vatican de ne pas adopter une nouvelle doctrine affirmant l’infaillibilité des déclarations du pape. Il échoue. Plusieurs années plus tard, dans une lettre écrite en 1887, il explique son opposition à cette décision en se servant d’une phrase jadis devenue célèbre : « Le pouvoir à tendance à corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolument.»

« Le pouvoir a tendance à corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolu-ment » laisse croire que le pouvoir est souvent synonyme d’abus. A cet effet, nous avons déjà regardé ce que Jésus dit au sujet du pouvoir qui détruit la vie, résumé au verset 26 de Matthieu chapitre 20 : « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir.» Il s’agit d’une attitude d’orgueil et de supériorité devant les autres, justifiée par une dureté de coeur convaincue que « je mérite l’honneur… plus que les autres… plus que Jésus lui-même ».

Toutefois, il y a ici un défi de taille, à savoir, que faire si on exerce du pouvoir, tout en étant chrétien ? Par exemple, vous fondez votre propre compagnie ayant des gens travaillant pour vous. Vous exercez une responsabilité administrative ou léglislative au sein du gouvernement. En tant que médecin ou avocat, vous prenez des décisions déterminantes dans la vie des autres. Vous êtes juge, policier ou militaire. Est-ce possible d’être chrétien ou chrétienne tout en ayant un métier où on exerce un pouvoir réel ?

Or, selon les versets 25 à 28, Jésus dit que ceci est possible, mais difficile. Voici comment il le dit:  « 25 Alors Jésus les appela tous et dit ‘Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir. 26 Mais cela ne doit pas se passer ainsi parmi vous. Au contraire, si l’un de vous veut être grand, il doit être votre serviteur, 27 et si l’un de vous veut être le premier, il doit être votre esclave: 28 c’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais il est venu pour servir, et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens.’»

Il est donc possible de vous servir de votre position de direction pour faire épanouir la vie des autres. Toutefois, comment le faire? En guise de réponse, je vous prie de retenir une seule phrase que voici : Lever les yeux vers l’autre. Actuellement, et au travers de l’histoire, il y a de différentes manières de regarder notre prochain.  On peut détourner les yeux des autres pour les traiter sans honneur ou même avec du mépris. Ou bien, on peut regarder les autres d’un piedestal, d’un air supérieur. Ou encore, on peut regarder les autres droit aux yeux, comme nos égaux. Jésus, lui, appelle ses disciples  à adopter une attitude radicale, à savoir: lever les yeux vers les autres en étant vous-même à genoux devant eux. Il y aura deux choses à mieux comprendre dans ce regard : (1) Pourquoi Jésus lève les yeux vers nous; et (2) Comment vous pouvez lever les yeux vers l’autre.

(1) Pourquoi Jésus lève les yeux vers nous. Jésus dit une chose extraordinaire qui nous dépasse. Il se met à genoux devant nous pour nous regarder comme s’il est notre serviteur, comme notre esclave ! Comment est-ce possible ? Jésus notre serviteur ? Il nous voit tel que nous sommes véritablement : spirituellement esclaves. Le verset 28 le dit ainsi : «Le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais il est venur pour servir, et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens ».

Il vient pour nous libérer, car nous sommes prisonniers de l’égoïsme de notre cœur…esclaves de notre mépris pour Dieu et pour notre prochain…incapables de voir emprise de Satan sur notre coeur.  Bref, nous sommes spirituellement et moralement sans espoir, sans avenir, sans liberté. Cette compréhension de notre état spirituel ne reçoit pas beaucoup de bonne presse, ni au Québec ni en Occident. La tendance majoritaire est de nous voir comme en étant véritablement libres : libres de changer notre cœur, libre de faire le bien, libres d’être bons. Bref, nous caressons une image de soi plutôt progressiste, innovatrice et moralement élevée.

Jésus, par contre, est plutôt contre-culturel,voir choquant ! Il ne dit          ni « Suivez mon exemple pour devenir moralement meilleurs » ni « Soyez plus forts, plus résiliants…vous pouvez le faire. » Il vient jusqu’à nous, à genoux, en disant « Je prendrai sur moi tout votre péché, votre égoïsme, votre mal, vos blessures. » Il se met à genoux et leve ses yeux vers nous en disant « Voici combien je vous aime ! » Il devient notre substitut. Il paie le prix en se faisant clouer sur une croix, pour y subir la justice de Dieu que mérite notre vrai état d’âme. Il devient notre esclave,  afin que nous soyons pardonnés à tout jamais, afin que nous soyons libérés de toute condamnation.

Or, voici pourquoi ceci est si important: vous ne pourrez pas lever les yeux vers l’autre à moins de voir Jésus en train de vous regarder, à genoux devant vous. C’est seulement lorsque votre cœur est percé par son regard de grâce que vous pourrez lever les yeux vers les autres. Seule la grâce de Jésus pour vous puisse transformer le pouvoir, afin pour que vous puissiez vous en servir pour faire épanouir la vie des autres. Si…l’un de vous veut être grand…l’un si l’un de vous veut être premier. Alors, comme chrétiens, y a une place pour prendre de l’initiative… pour assumer de la responsabilité…pour occuper une place d’influence. Mais uniquement si vous exercez ce pouvoir en vous mettant à genoux, pour lever les yeux vers les autres. Alors, comment, regarder l’autre en étant soi-même à genoux ?

 

(2) Comment pouvez-vous lever les yeux vers l’autre ? En guise de réponse, j’attire votre attention aux versets 12 à 17 de Colossiens, chapitre 3: «12 Vous faites partie du peuple de Dieu ; Dieu vous a choisis et il vous aime. C’est pourquoi vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience. 13 Supportez-vous les uns les autres ; et si l’un de vous a une raison de se plaindre d’un autre, pardonnez-vous réciproquement, tout comme le Seigneur vous a pardonné. 14 Et par-dessus tout, mettez l’amour, ce lien qui vous permettra d’être parfaitement unis. 15 Que la paix du Christ règne dans vos cœurs; c’est en effet à cette paix que Dieu vous a appelés, en tant que membres d’un seul corps. Soyez reconnaissants. 16 Que la parole du Christ, avec toute sa richesse, habite en vous. Instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres avec une pleine sagesse. Chantez à Dieu, de tout votre cœur et avec reconnaissance, des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés par l’Esprit. 17 Tout ce que vous faites, en paroles ou en actions, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en remerciant par lui Dieu le Père.» 

Ici, l’apôtre Paul parle de vos relations avec d’autres chrétiens au sein de l’Église. Autrement dit, c’est au sein de la communauté chrétienne que l’Esprit Saint transforme progressivement nos motifs, nos paroles et notre façon d’être. Puis-je le dire autrement ? Vous pourrez lever les yeux vers l’autre dans le domaine public seulement si Dieu est d’abord en train de vous façonner dans vos relations au sein de l’Église. Lorsque vous apprenez à regarder les autres avec humilité au sein de l’Église, vous serez de plus en plus équipés pour servir comme patron, gérant, cadre, professeur, médecin, fonctionnaire…ou simple voisin dans votre rue ou quartier.  Alors, Paul décrit trois aspects de notre vie d’Église qui sont critiques pour former une attitude chrétienne positive face au pouvoir:   (1) une Église qui édifie; (2) une Église qui réconcilie ; (3) une Église qui adore.

D’abord, lever les yeux vers autrui, c’est vivre dans une Église qui édifie les autres. Le verset 12 le dit ainsi : «12 Vous faites partie du peuple de Dieu ; Dieu vous a choisis et il vous aime. C’est pourquoi vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience.» Pratiquement ? Efforcez-vous de devenir quelqu’un qui écoute avant de parler ! L’apôtre Jacques dit « Chacun doit être prompt à écouter, mais lent à parler et lent à se mettre en colère.» (Jacques 1, 19) En général, ceux et celles qui mènent ont tendance à vouloir diriger des projets et à accomplir des missions. Bref, vous aimez organiser, diriger, persuader, afin que tout se passe comme vous voulez. Par contre, Paul met l’accent ailleurs: « Vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience.» Il s’intéresse d’abord à la qualité des relations avec les autres. Alors, pour regarder autrui, la première chose à apprendre et à faire constamment, c’est ralentir pour écouter, comprendre et se compatir avec les autres. On ne peut pas se mettre à genoux à moins de ralentir en fonction de l’autre.

Ensuite, lever les yeux vers les autres, c’est vivre dans une Église qui réconcilie les gens à Dieu, et les uns aux autres. Au verset 13, Paul dit : « Supportez-vous les uns les autres ; et si l’un de vous a une raison de se plaindre d’un autre, pardonnez-vous réciproquement, tout comme le Seigneur vous a pardonné.» Dans nos relations au sein de l’Église, ce ne sera pas toujours beau. Il y aura des conflits et des blessures. Il y a des relations qui ne seront pas toutes pas guéries. Ce sera la même chose dans votre équipe au travail, dans votre compagnie, à l’école, dans votre bureau. Dans l’Église, toutefois, on apprend à confesser nos péchés, promptement et ouvertement. Nous y apprenons à demander pardon et à l’accorder à ceux qui nous en font la demande, surtout parce que vous savez à quel point Jésus vous a pardonné ! Comme responsable, vous serez critiqués, parfois justement et parfois injustement. Lorsque critiqué, nous pouvons y réagir avec impatience, même de façon agressive. Au sein de l’Église, nous apprenons à accepter des critiques et à prier avec ceux et celles qui les formulent à notre égard. Ainsi, dans la vie publique, notre coeur devient plus disposé à accepter des critiques, mais aussi à prendre de l’initiative pour promouvoir de la réconciliation dans un climat de travail marqué par des critiques. Ainsi, en ayant une position de pouvoir, vous pourrez prendre l’initiative pour intervenir…avec humilité. Dieu vous accorde cette autorité précisément afin de cultiver une ambiance non pas de perfection, mais de réconciliation à travers les peines et les douleurs de nos relations humaines.

Finalement, lever les yeux vers l’autre, c’est vivre au sein d’une Église qui adore Dieu.  J’attire votre attention surtout au verset 17 : «Tout ce que vous faites, en paroles ou en actions, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en remerciant par lui Dieu le Père.» L’Église  a désespérément besoin d’hommes et de femmes qui agissent simplement parce qu’ils désirent adorer Jésus et remercier Dieu le Père. Souvent, cette réalité se vit par la façon dont vous vous servez de la Bible : ou bien de façon autoritaire comme un marteau pour arrêter toute discussion, ou bien de manière serviable, comme une main tendue qui invite à voir et à adorer Dieu. Or,  dans l’adoration de l’Église, nous sommes tous à genoux devant notre Seigneur et Sauveur, devant sa parole. C’est l’adoration, en public, au coeur de nos villes et villages qui nous donne le courage de se mettre à genoux en servant les autres, selon sa Parole, simplement par gratitude envers Dieu pour sa grâce envers eux.

« Le pouvoir à tendance a corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolument.» Certes, cette tentation est bien réelle et il ne faut jamais la sous estimer. Par contre, Jésus nous dit que nous pouvons nous servir du pouvoir qu’il nous donne pour bénir les autres, mais seulement si nous le laissons nous servir comme notre substitut et serviteur. Alors, aidons-nous les uns les autres à fuire la tentation de détourner vos yeux des autres. Aidons-nous les uns les autres à repousser tout désir de regarder autrui d’un air hautain. Aidons-nous les uns les autres à refuser même de les regarder droit dans les yeux ! Jour après jour, efforcons-nous de nous mettre à genoux afin de lever les yeux vers les autres. Encourageons-nous, ensemble, à nous mettre à genoux devant Jésus, pour regarder Celui qui s’est donné pour nous…parce qu’il nous aime tant.

  • J.G. Zoellner

Mais Dieu !

Presque tout le monde dort aux petites heures de cette nuit estivale. Tout est calme, tout est beau…jusqu’à ce qu’une horrible explosion perce le silence…jusqu’à ce qu’une immense boule de feu emporte 47 vies. Mégantic. Le 6 juillet 2013.

Les tragédies de la vie nous interpellent profondément…si nous osons les laisser pénétrer notre cœur. Les tsunamis dévastateurs. Les séismes meurtriers. Les génocides atroces qui tâchent l’histoire humaine. Quelle en est la cause ultime ? La chance arbitraire ? La méchanceté humaine ? Dieu ?

Qu’est-ce qui vous pousse à vouloir vivre ou à ne pas vivre ? Une variété de réponses se font entendre : «Ma vie, c’est ce que je choisis librement…je fais ma vie moi-même !» ; « Pour moi, la vie n’a pas de sens…car il n’y a que la nature implacable où tout termine par la mort.» ; «Moi, ma vie est entre les mains d’un Dieu tellement bon et tellement personnel…sa volonté explique tout.» Quelle est la cause ultime de tout ce qui vous arrive ? Une question incontournable !

Nous voici devant cette question dans la première livre de la Bible, aux versets 1 à 15 du chapitre 45 de la Genèse. Voici une famille juive vivant en Palestine 1 800 ans avant Jésus-Christ. Mais tout n’est pas beau. La majorité des frères sont à couteaux tirés face à l’avant dernier de la famille…à un tel point qu’ils décident de le tuer ! Toutefois, à la dernière minute, ils le vendent. Il est amené loin en Egypte. Des années passent, une grande famine sévit, et la seule place ayant du blé, c’est en Egypte.

Voilà où nous commençons le narratif, aux versets 1 à 8 1 Alors Joseph, incapable de contenir son émotion devant les gens de son entourage, leur ordonna de sortir. Ainsi était-il seul avec ses frères quand il se fit reconnaître d’eux. 2 Mais il pleurait si fort que les Égyptiens l’entendirent, et que la nouvelle en parvint au palais du Pharaon. 3 Joseph dit à ses frères : « C’est moi Joseph ! Mon père est-il encore en vie ? » Mais ses frères furent tellement saisis qu’ils furent incapables de lui répondre. 4 « Approchez-vous de moi », leur dit-il. Ils s’approchèrent. Joseph reprit : « C’est moi Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour être emmené en Égypte. 5 Ne vous tourmentez pas et ne vous faites pas de reproches pour m’avoir vendu ainsi. C’est Dieu qui m’a envoyé ici à l’avance, pour que je puisse vous sauver la vie. 6 Il y a déjà eu deux années de famine dans le pays, mais pendant cinq années encore on ne pourra ni labourer la terre ni récolter les moissons. 7 Dieu m’a donc envoyé dans ce pays avant vous, pour que vous puissiez y avoir des descendants et y survivre ; c’est une merveilleuse délivrance. 8 Ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais Dieu.»

 Mais Dieu ! Mais Dieu…a sauvé cette famille de la mort. Mais Dieu…a réconcilié les frères à travers de grandes larmes de repentance et de pardon. Mais Dieu…a transformé un crime horrible en une rédemption inouïe.

Quelle est la cause ultime de tout ce qui arrive ? Eh bien, nous sommes de nouveau devant cette question au chapitre 2 des Actes des apôtres, autour de l’an 30 de notre ère, à Jérusalem, à environ 50 jours après la crucifixion de Jésus-Christ. Il y a des rumeurs qui courent : plus de 500 témoins oculaires disent avoir vu Jésus ressuscité de la mort. Alors, aux versets 22 à 24, l’apôtre Pierre prend la parole devant une grande foule : 22 « Gens d’Israël, écoutez ce que je vais vous dire : Jésus de Nazareth était un homme dont Dieu vous a démontré l’autorité en accomplissant par lui toutes sortes de miracles et de signes prodigieux au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. 23 Cet homme vous a été livré conformément à la décision que Dieu avait prise et au plan qu’il avait formé d’avance. Vous l’avez tué en le faisant clouer sur une croix par des hommes pécheurs. 24 Mais Dieu l’a ressuscité, il l’a délivré des douleurs de la mort, car il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir.»

 Mais Dieu ! Mais Dieu…l’a ressuscité, car Il est plus puissant que la mort et le mal. Mais Dieu…vient lui-même dans notre monde, afin de se réconcilier avec nous et afin de nous réconcilier avec lui. Mais Dieu…prend sur lui-même notre haine pour lui, afin d’offrir le pardon le plus immérité qui soit.

Pour beaucoup aujourd’hui, la vie n’a pas de sens. Tout ce qui compte, c’est de rechercher, sans trop d’efforts, ce qu’on appelle parfois «de l’authenticité et de l’épanouissement». Pour certains, ce n’est pas important de poser la question que voici : Quelle est la cause ultime de tout ce qui nous arrive ?

La foi chrétienne, toutefois, veut aller plus profondément. Elle veut poser cette question difficile, car la vie est souvent complexe, pénible, et incertaine. Alors, à la lumière des Écritures Saintes, quelle est la cause ultime de tout ce qui m’arrive ? La Bible offre une réponse finale, à savoir, l’unique vrai Dieu trinitaire…Père, Fils et Saint-Esprit ! Il est le seul possédant une dignité parfaitement bonne et puissante. Il est le seul ayant une identité personnelle et éternelle, un seul Dieu en relation interpersonnelle éternelle parmi le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il est le seul qui soit omniprésent. Il vient jusqu’à nous, au cœur de notre péché, où le Fils ose s’incarner afin de s’offrir sur une croix, pour devenir notre substitut et notre pardon, afin de refaire notre relation personnelle et éternelle avec lui.

Il y a, évidemment, des objections à cette vision du monde. Certains croient que cette vision chrétienne du monde est dépassée, voir un comte de fée, et que les tragédies comme Mégantic prouvent que Dieu n’y est point.

Certes, pour le croyant, la souffrance et la tragédie nous sont difficiles, pénibles et déchirantes. Toutefois, si on rejette la vision chrétienne du monde en le remplaçant par la recherche d’authenticité et d’épanouissement, les tragédies deviendront véritablement insupportables. Certains essaient de fuir leur chagrin en disant « Non, la seule réalité est l’ordre naturelle que nous saisissons par notre raison.» D’autres disent «Non, la seule vie, ce sont les expériences et les émotions fortes qui nous créons nous-mêmes, soit seuls soit en communauté.» D’autres encore disent « Je vais simplement vivre en faisant semblant que la vie ne soit pas une immense trou noir où la mort est notre destin ultime.»

Lorsqu’on rejette la vision trinitaire du monde, nous devons espérer – contre toute espérance – que la chance arbitraire ou bien «la force du plus puissant» nous donneront un monde meilleur. Est-ce que l’histoire renforce cet espoir ? C’est très discutable ! Car sans un Dieu trinitaire il faudra mettre notre confiance ailleurs, à savoir, en un monde où, naturellement, la justice et la compassion triompheront sur l’injustice et la souffrance.

Revenons aux deux histoires dans La Genèse et dans Les Actes des apôtres. Avez-vous remarqué deux choses en commun dans ces deux histoires ? Les voici : d’abord Dieu surprend par sa grâce ; et ensuite, lorsqu’il le fait, tous sont réduits en larmes ! Dans La Genèse, Dieu surprend les frères par sa grâce, et ils pleurent en s’embrassant. Dans Les Actes, au jour de la Pentecôte, Dieu surprend par sa grâce, et la foule est profondément bouleversée, au point de crier «Que devons-nous faire pour être sauvés ? »

En voici la surprise commune : vous ne pourrez jamais voir le monde sous la main souveraine et personnelle du Dieu trinitaire, à mois que vous soyez surpris et réduits en larmes par sa grâce et son pardon envers vous. Nous voyons tous la vie avec des lunettes, surtout celles qui nous rassurent que tout va bien parce que nous sommes foncièrement bons. Mais Dieu ! Mais Dieu… vous surprend ! Mais Dieu… vous fait pleurer devant votre propre péché ! Mais Dieu… vous fait ressentir la profondeur du pardon que Jésus seul puisse accorder !  Ensuite, il essuie les larmes de vos yeux, il remplace vos lunettes, mais vous voyez un monde complètement différent !

Là où vous ne voyiez que la souffrance, vous voyez Dieu en train de la changer en des vies réconciliées et renouvelées. Là où vous étiez décimé par vos propres échecs, vous voyez Dieu le Saint-Esprit en train de les transformer en ce qui avance sa gloire…et votre bien. Là où vous voyiez la maladie comme la pire chose, Dieu vous surprend par sa compassion, afin que vous puissiez vous compatir avec d’autres qui souffrent comme vous, et parfois plus que vous. La où vous voyiez des coïncidences bizarres et inattendues, vous voyez le sourire et le clin d’œil de votre Père céleste. Là où vous voyiez une vie plutôt solitaire, vous voyez maintenant la présence intime de Jésus-Christ… jusqu’au jour où vous serez avec lui face à face, dans un corps nouveau. Là où vous voyiez un monde cynique et des étrangers comme vos ennemis, maintenant vous voyez votre ennemi comme votre prochain que vous pouvez aimer.

Mais Dieu ! Mais oui !

  • J.G. Zoellner

Le pouvoir: confronter le coeur humain (2 / 2)

….suite à 1/1

Lorsque Jésus dit, « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir», il nous interpelle de façon profonde et bouleversante. Il nous dit que nous, nous agissons ainsi ! Jésus confronte cette idole de notre cœur. Il nous appelle à être honnêtes face à notre cœur et à avouer l’arrogance de notre suffisance. Mais comment ?

(2) Comment vous pouvez confronter votre cœur. Pour ce faire, réfléchissons aux paroles de l’apôtre Paul, aux versets 10 à 12 d’Éphésiens 6 : «10 Enfin, puisez votre force dans l’union avec le Seigneur, dans son immense puissance. 11 Prenez sur vous toutes les armes que Dieu fournit, afin de pouvoir tenir bon contre les ruses du diable. 12 Car nous n’avons pas à lutter contre des êtres humains, mais contre les puissances spirituelles mauvaises du monde céleste, les autorités, les pouvoirs et les maîtres de ce monde obscur.»

 Pour confronter notre cœur, nous aurons besoin de trois choses : (1) de la communion ; (2) de la constance ; et (3) du courage.

D’abord, pour confronter notre suffisance, nous avons besoin d’être en communion avec Jésus lui-même. Paul le dit ainsi au verset 10 : « Enfin, puisez votre force dans l’union avec le Seigneur, dans son immense puissance.» Bref, nous avons besoin de vivre dans la certitude que Jésus a déjà gagné la bataille pour nous et qu’il nous aime beaucoup plus que nous ne pouvons l’imaginer !

Sachez, en tant que chrétien ou chrétienne,  que Jésus vous aime tellement qu’il s’est donné pour vous afin que vous soyez pardonnés à tout jamais. Jésus vous aime tellement qu’il vous donne l’Esprit Saint pour vous réconforter et vous soutenir. Jésus vous aime tellement qu’il s’engage à vous amener auprès de lui pour toujours. Pour livrer ce combat, vous avez besoin de la confiance que vous pourrez le remporter. Jésus est plus que suffisant pour vous donner la force pour le faire. La preuve ? Il vous a déjà pardonné tous vos péchés, alors la certitude de votre pardon est la force qu’il vous donne afin de pouvoir confronter et confesser votre orgueil, y compris les uns aux autres. Toutefois, cette communion a besoin de se faire renouveler en tout temps, surtout par une vie de prière en communion avec Jésus : seul, en famille, ensemble comme Église.

Ensuite, pour confronter notre suffisance, nous aurons besoin de constance. Le verset 11 dit : « Prenez sur vous toutes les armes que Dieu fournit, afin de pouvoir tenir bon contre les ruses du diable.» Il y a ici quelque chose qui est difficile à comprendre dans notre société québécoise. Le voici : confronter notre suffisance est une bataille exigeante et constante. Un soldat, lui, s’entraîne durement, car il sait que la bataille est rude. Il fait face à des dangers périlleux, des pertes de sommeil, du manque de nourriture, du froid ou de la chaleur accablants, ou des maladies imprévisibles. Dieu nous donne les armes spirituelles dont nous aurons besoin, mais nous aurons besoin de constance ou de persévérance pour nous en servir. Vous ne pourrez jamais baisser votre garde, car cette bataille est un combat constant. Par exemple, dans la prière, protégez-vous en employant chacune de ces armes. Dans le passé, des chrétiens avaient l’habitude de «prier pour que ces armes soient en place ». Ils priaient ainsi, individuellement et ensemble : « Seigneur, je prie que tu m’accordes aujourd’hui ta ceinture de vérité, pour que je ne dise que la vérité en toutes choses. Seigneur, nous prenons tes promesses comme bouclier devant les flèches qui nous font douter tes promesses. Seigneur, nous prenons ta parole pour l’annoncer et la vivre, ensemble, avec vigilance.» Si vous ne priez pas actuellement, commencez aujourd’hui. Si vous priez déjà, persévérez constamment, avec ardeur et joie.

Finalement, pour confronter notre suffisance de soi, nous aurons besoin de courage. Le verset 12 explique pourquoi : « Car nous n’avons pas à lutter contre des êtres humains, mais contre les puissances spirituelles mauvaises du monde céleste, les autorités, les pouvoirs et les maîtres de ce monde obscur.»

Nous avons besoin de courage, car les forces contre nous sont trop puissantes pour y faire face tout seul. L’orgueil n’est pas simplement une faiblesse humaine : il est une idole diabolique. La lutte dans notre cœur est contre ces mensonges et tentations venant du Diable lui-même qui nous incitent à croire que «nous méritons ceci ou cela…que nous en avons droit ». Tous les abus de pouvoir, et toute la méchanceté qui en découle, sont idolâtres. Soyez donc réalistes, lucides, vigilants : la bataille sera difficile et au-delà de vos forces ou de votre ardeur personnelles.

Dans notre vie, et dans celle des autres, nous sommes parfois surpris que la vie chrétienne soit si difficile, que le combat pour notre cœur soit constant et qu’il n’y ait que rarement du répit. Nous pouvons nous décourager, abandonner le combat, et même succomber à la tentation de nous laisser aller en disant « ce n’est pas juste, car je mérite mieux ». Or, ce découragement nous guette parce que nous oublions qui est notre ennemi : ce n’est ni notre prochain, ni notre gouvernement, ni les autres cultures, ni les gens qui se moquent de notre foi. Le combat de notre cœur est, au fond, contre les puissances spirituelles mauvaises du monde céleste, les autorités, les pouvoirs et les maîtres de ce monde obscur.

 Alors, ne cessez jamais de prier Jésus afin qu’il vous donne le courage de reconnaître cette bataille pour ce qu’elle est véritablement. En même temps, soyez certain qu’il vous donnera la clarté d’esprit et le courage pour y faire face, car il a déjà remporté la victoire. En lui, vous êtes et vous serez plus que vainqueurs.

En tant que chrétien ou chrétienne, notre première responsabilité face au pouvoir, c’est de livrer une bataille constante contre notre propre cœur, afin de ne pas céder à la tentation de nous servir du pouvoir pour promouvoir notre propre suffisance. Il est notre responsabilité constante de revenir au pied de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu’il crucifie nos prétentions. Aujourd’hui, et au travers de tous les siècles, une telle responsabilité peut paraître folle et faible. Toutefois, comme le dit l’apôtre Paul : « La folie apparente de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et la faiblesse apparente de Dieu est plus forte que la force des hommes.» (1 Corinthiens 1, v. 25)