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Fatigué de vivre – Livre de Job, chapitre 3

      Pourriez-vous imaginer un bon repas bien servi, mais dont le tout est couvert par une nappe noire placée au-dessus du repas ? Cette nappe symbolise la perspective du 3e chapitre de Job : la vie commence bien, en étant belle, mais elle est couverte d’une nappe cynique, souffrante et désespérée. Parfois, on dit que la foi chrétienne cultive une attitude naïve et sentimentale face à la vie, parce que les chrétiens refusent de faire face à la laideur et la souffrance de la condition humaine. Certes, il nous arrive de ne pas vouloir vivre ce qui est pénible. Toutefois, ce chapitre 3 de Job est marquée de réalisme. Il est sombre et difficile à lire, car il affronte – honnêtement – le péché, la souffrance et la douleur. On pourrait même intitulé ce chapitre Fatigué de vivre.

J’aborde ce chapitre doucement et, j’espère, avec du respect. Si vous êtes déjà passés par cette expérience d’être fatigué de vivre, vous saurez combien elle est pénible. Si vous y êtes actuellement, vous savez combien vos émotions basculent entre larmes et colère. Alors, en allant doucement, essayons de voir pourquoi on est parfois fatigué de vivre, et comment la grâce de Jésus peut nous faire revivre, librement.

Commençons par ce poème ou lamentation de Job où il se plonge dans les profondeurs du désespoir. On va s’arrêter à deux émotions fortes qu’il vit : (1) je suis fâché ; et (2) je suis épuisé.

 

       (1) D’abord, je suis fâché par l’absurdité de ma vie (v. 1 – 10). Quelques versets parmi les dix premiers seront suffisants pour ressentir un peu la colère de Job. Les versets 1 à 3, où Job maudit à la fois la nuit de sa conception et le jour de sa naissance : « 1 A la fin, Job se décida à parler et maudit le jour de sa naissance. 2 Voici ce qu’il dit : 3 Ah ! que disparaisse le jour de ma naissance
 et la nuit qui a dit : « Un garçon est conçu » !»

       Job se plaint amèrement de vivre. Il regrette sa vie. Pourquoi ? Il ne peut pas concilier, au fond de son cœur, la vie et la souffrance injuste qui cause tant de chagrin. Tout est absurde. Cette absurdité est si obscure que pour lui, mieux de ne jamais naître. Avez-vous déjà vécu de tels sentiments ? Les vivez-vous actuellement ?

Pour le chrétien, ces sentiments nous sont réels et difficiles. On se dit « Si Dieu est si bon et si fort, comment se fait-il que moi, et d’autres, subissent des souffrances injustes ou une maladie incurable » On peu parfois se plaindre que Dieu ne semble pas être bon. Ou bien, qu’il ne soit pas capable, car tout semble absurde. De plus, notre propre frustration ou colère est empirée par d’autres qui disent          « Vous voyez, la souffrance injuste prouve que la vie est absurde et qu’il est illusoire de croire en Jésus-Christ.» Oui, notre souffrance injuste et celle des autres peuvent ébranlées notre foi.

Pour le non-croyant, je crois que ces sentiments sont encore plus déchirants ! Pourquoi ? Parce que s’il n’y a pas de Dieu et si Jésus n’a rien à offrir, alors tout ce qui reste est l’absurdité et la vanité. C’est un monde où, ultimement, il n’y ni injustice ni souffrance, car là où il n’y pas de Dieu, tout n’est que du hasard. Ce qu’on appelle «la souffrance injuste» ne l’est pas. Elle n’est que la banalité normale de la réalité telle quelle.  Fatigué de vivre…c’est difficile parfois pour le chrétien…et beaucoup plus pénible pour ceux qui ne croient pas. Dans les deux cas, que Dieu remplisse notre coeur de sa compassion.

       (2) Je suis épuisé par la douleur de mon corps (v. 11-26). Dans un sens, Job semble changer de ton un peu dans cette partie du poème. Au lieu d’être fâché, il est épuisé. Encore, écoutons quelques versets. Le verset 17: « Dans la tombe, les méchants ne s’agitent plus, et les gens épuisés se reposent enfin. » Le verset 20 : «Pourquoi Dieu fait-il voir le jour aux malheureux, à ceux qui doivent vivre une existence amère ?» Ou bien les versets 25 & 26 : 25 Si j’éprouve une crainte, elle se réalise;
 ce que je redoutais, c’est cela qui m’arrive ! 26 Je ne connais plus ni tranquillité, ni paix,
 ni repos, mais je suis assailli de tourments.»

       Voici un homme épuisé par sa souffrance physique. Il est surtout tourmenté par une crainte profonde, à savoir, que son corps est devenu une prison sans issu. Il craint que ses souffrances et sa douleur ne cessent jamais, qu’il n’ait jamais de paix. Il regarde ceux qui sont morts comme en étant davantage bénis que lui, car ils vivent la paix et le repos qu’il  ne connaît point. Il est angoissé et épuisé par la crainte qu’il vivra toujours le malheur sans jamais expérimenter le bonheur. Si vous avez déjà vécu une maladie grave et chronique, ou si vous faites face à une maladie incurable, ou si vous connaissez des soldats vivant avec des blessures graves permanentes, alors vous comprendrez très bien combien Job se sent épuisé et sans issu. Fatigué de vivre.

Or, si on mettait ensemble ces émotions de colère et d’épuisement, qu’est-ce qu’elles auraient en commun ? Elles sont sans arrêt, sans répit ! Elles grugent, constamment, jusqu’au fond de l’âme. Pour Job, et pour beaucoup aujourd’hui, cette déchirure est pire lorsqu’on essaie de tout comprendre ou d’offrir des «remèdes à rabais»… lorsqu’on essaie d’être plus sage que Dieu. Job, lui, comprend bien qu’il est innocent et qu’il n’y a aucune justification de ses souffrances. Le problème, toutefois, n’est pas là. Il conclue plutôt que tout en étant innocent, Dieu ne veut pas son épanouissement ! Alors, pourquoi vivre ?

Aujourd’hui, en tant que chrétiens, que faire face à notre colère et épuisement ? Que faire lorsque vous êtes complètement dépassés et fatigués de vivre ? Eh bien, le réalisme et la frustration de Job nous amènent – tous les jours – dans les bras de Jésus. Puis-je dire deux choses ici ? (1) Dans les bras de Jésus, vous verrez la vie autrement ; et (2) dans les bras de Jésus vous vivrez la souffrance autrement. Je m’explique.

(1) Dans les bras de Jésus il est possible de voir la vie autrement. Écoutons bien ce qu’en dit l’apôtre Paul aux versets 1 à 4 de 1 Corinthiens 15 :  « 1 Frères, je désire vous rappeler maintenant la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée, que vous avez reçue et à laquelle vous êtes fermement attachés. 2 C’est par elle que vous êtes sauvés, si vous la retenez telle que je vous l’ai annoncée ; autrement, vous auriez cru inutilement. 3 Je vous ai transmis avant tout cet enseignement que j’ai reçu moi-même : le Christ est mort pour nos péchés, comme l’avaient annoncé les Écritures ; 4 il a été mis au tombeau et il est revenu à la vie le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Écritures.»

Lorsqu’on regarde Jésus et tout ce qu’il a fait ( et fait!) pour nous, il nous amène tranquillement à voir la vie autrement. Pour Job, lui, son but ultime était d’être en paix, d’être épanoui. Encore aujourd’hui, beaucoup croient que la chose la plus importante dans la vie, c’est pouvoir s’épanouir. La vie vaut la peine seulement si nos rêves se réalisent. Maintenant, relisons les versets 3 & 4 : « 3 Je vous ai transmis avant tout cet enseignement que j’ai reçu moi-même : le Christ est mort pour nos péchés, comme l’avaient annoncé les Écritures ; 4 il a été mis au tombeau et il est revenu à la vie le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Écritures.»

       L’apôtre Paul dit que le but ultime de la vie – avant tout – c’est d’être unis à Jésus-Christ dans sa mort et sa résurrection. Puis-je le dire autrement ? Le but ultime de la vie, c’est d’être en communion avec Jésus dans son pardon et sa vie. Le but ultime de notre vie est plus que notre épanouissement personnel. C’est d’être dans les bras de Dieu lui-même. Il y a longtemps, l’auteur britannique C.S. Lewis explique cette différence par une illustration. Lewis dit qu’on peut chercher à vivre dans la lumière et la chaleur venant du soleil. Vivre sous le soleil, c’est chercher le bonheur en essayant d’expérimenter toutes les bonnes choses de la vie. Mais, dit Lewis, la vraie vie, c’est de connaître Celui qui a créé le soleil et tous ses bienfaits. Le soleil peut certes nous faire du bien, mais le Créateur du soleil pourra nous faire beaucoup plus de bien !

Le but ultime de votre vie, c’est d’être dans les bras du Créateur, qui est aussi notre Rédempteur. Certes, notre vie actuelle est importante, mais le meilleur reste à venir. Le plus important, c’est la vie à venir lorsque vous serez avec Jésus, face à face, dans un nouveau corps ressuscité. Comment pouvons-nous nous aider à vivre ainsi ? Eh bien, dans l’Église, il me semble qu’il nous serait sage de prendre du temps, régulièrement, pour nous préparer à mourir. Par exemple, dans nos prières, nous pouvons demander à Dieu de cultiver en nous un désir croissant d’être dans ses bras, face à face. Ou bien, nous pourrions prier Dieu de nous aider à relâcher notre prise parfois exagérée sur la vie actuelle, afin de souhaiter beaucoup plus celle de notre résurrection à venir. Bref, les soins pastoraux que nous pouvons offrir les uns aux autres comprendront cet encouragement  à rechercher la meilleure vie à venir.

(2) Dans les bras de Jésus il est possible de vivre la souffrance autrement. Écoutons un autre texte de l’apôtre Paul, dans 2 Corinthiens 1, les versets 3 à 5 : «3 Louons Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père riche en bonté, le Dieu qui accorde le réconfort en toute occasion ! 4 Il nous réconforte dans toutes nos détresses, afin que nous puissions réconforter ceux qui passent par toutes sortes de détresses en leur apportant le réconfort que nous avons nous-mêmes reçu de lui. 5 De même en effet que nous avons abondamment part aux souffrances du Christ, de même nous recevons aussi un grand réconfort par le Christ.»

On dit parfois que ceux qui cherchent ardemment la vie à venir ne s’engagent plus à la vie actuelle. Cela peut arriver, mais généralement, c’est le contraire qui se produit !

Par exemple, si vous désirez être dans les bras de Jésus, c’est parce que vous savez qu’Il vous aime. Parfois, on ne ressent pas son amour, mais nos émotions ne sont pas le garant de l’intensité de son amour. Il nous aime même lorsque nous ne ressentons pas son amour. Or, voici comment cette vérité  peut changer notre attitude: notre souffrance devient de moins en moins une fin en soi. On commence à comprendre que Dieu pourrait même nous libérer de notre préoccupation de notre situation, afin d’aller vers les autres pour les servir, les soigner et les réconforter.

Toutefois, ceci est souvent plus facile à dire qu’à faire ! C’est parfois même une lutte à mener quotidiennement dans la prière, seul et avec d’autres. « Père, aide-moi à ne pas m’apitoyer sur mon sort, mais à mettre mon sort entre tes mains. Père, aide-moi à chercher d’abord ta présence et ton règne, même lorsque mon corps est malade et épuisé. Père, aide-nous à nous encourager les uns les autres, surtout pour expérimenter ton réconfort au-delà de notre souffrance, et pour le partager avec d’autres.»

Il  y a quelques années j’écoutais une émission radiophonique où les participants débattaient le droit de mettre fin à ses jours lorsque la vie n’est plus épanouissante. Tout le monde parlait favorablement de pouvoir mettre fin à ses jours. Sauf une dame ! Elle dit: « Je ne comprends pas pourquoi les Québécois sont plus préoccupés par la mort que par la vie !»

Je comprends cette dame, car il y a un profond paradoxe dans la vie. Le voici: plus on s’attache à l’épanouissement de la vie actuelle, plus on sera préoccupé par la mort lorsque ce bonheur n’y est plus; par contre, plus on s’attache à vivre face à face avec Dieu dans la vie à venir, plus on sera préoccupé par la vie actuelle même dans nos souffrances.

Job nous rappelle pourquoi ceci est vrai: si notre but ultime de la vie est notre épanouissement personnel, alors, tôt ou tard, on est fatigué de vivre. Jésus, par contre, vous porte dans ses bras et vous réconforte, surtout lorsque vous êtes fatigués de vivre. Il est ressuscité. Il est l’auteur de la vie. Il est rédempteur de la vie. Voilà pourquoi lorsqu’on enlève cette nappe noire, on découvre son repas, savoureux et invitant, car il veut nous nourrir à tout jamais ! Et nous sommes plus épanouis que nous ne pourrions jamais espérer ! En étant unis à lui, au lieu d’être fatigué de vivre, nous sommes libres de vivre.

  • J.G. Zoellner

Oser être plus sage que Dieu – Job, chapitre 1

« L’habit ne fait pas le moine » dit le dicton, ou si vous voulez, les apparences sont parfois trompeuses, car la vie est plus complexe que prévue.  Toutefois, nous ne sommes pas toujours à l’aise devant cette réalité. Nous préférons une vie stable, prévisible et compréhensible, surtout dans nos relations avec d’autres, y compris avec Dieu lui-même. Nous appelons cette stabilité «la sagesse», à savoir, l’art de pouvoir agir de façon juste, au bon moment, en toute connaissance de cause.

Voilà pourquoi nous sommes parfois déroutés par ce récit biblique portant le titre Job. Il dresse un tableau d’événements douloureux qui dépassent notre sagesse, car notre sagesse ne peut ni comprendre ce qui nous arrive, ni guérir notre profond chagrin.

Nous ne savons pas beaucoup au sujet de Job. Certains croient qu’il est un homme qui vivait à l’époque de Moïse, peut-être autour de l’an 1 400 avant Jésus-Christ. D’autres croient qu’il n’a jamais existé, mais que cette histoire a été écrite, sous l’inspiration de Dieu le Saint-Esprit, pour nous amener à réfléchir davantage à notre relation avec Dieu et notre prochain. D’autres croient – et c’est la position avancée dans le présent article – que Job a bel et bien existé, mais que sa vie a été transformée en une sorte de parabole qui nous amène à chercher une autre sagesse dans ce monde où la souffrance peut nous frapper, soudainement et de plein fouet.

Dans ce premier chapitre, il y a une profonde tension qui nourrit tout le livre, et dont la résolution n’arrive qu’au tout dernier chapitre. Cette tension influe beaucoup sur notre relation avec Dieu lui-même, et avec nos plus proches.

Commençons en relisant les versets 1 et 22, le premier et le dernier verset du chapitre :

« 1 Il y avait une fois au pays d’Ous un homme du nom de Job. Cet homme était irréprochable, droit, fidèle à Dieu et se tenait à l’écart du mal. 22 Dans tous ces malheurs Job ne commit ainsi aucune faute ; il ne dit rien d’inconvenant contre Dieu.»

Bref, peut importe les circonstances et les apparences, au fond de ses motifs, Job reste intègre.

Lisons, maintenant, les versets 9 à 11, où l’intégrité de Job est mise en doute :

9 « Si Job t’est fidèle, répliqua l’accusateur, est-ce gratuitement ? 10 Ne le protèges-tu pas de tous côtés, comme par une clôture, lui, sa famille et ses biens ? Tu as si bien favorisé ce qu’il a entrepris, que ses troupeaux sont répandus sur tout le pays. 11 Mais si tu oses toucher à ce qu’il possède, il te maudira ouvertement ! »

Or, que se passe-t-il ici ? En hébreu, le mot pour «accusateur» est hassatan. Alors, au fils des années, des traductions de la Bible présentent ici un dialogue entre Dieu et Satan. Toutefois, dans tout le reste de la Bible, Dieu ne traite jamais Satan de cette façon et n’entre jamais dans un genre de «pari» avec lui. Par contre, en prenant ce récit plutôt comme une parabole, on voit bien que «l’accusateur» sert Dieu et fait partie de son peuple. Bref, dans cette parabole, l’accusateur incarne une «sagesse» qui peut nous attirer tous, mais qui est fausse ! 1

Lorsque vous regardez de nouveau les versets 9 à 11, que voyez-vous dans les paroles de l’accusateur ? Deux choses : d’abord, il remet en question les connaissances de Dieu ; et ensuite, il remet en question les motifs de Job. Voici peut-être le premier texte de ce que les philosophes appellent aujourd’hui la «déconstruction». Bref, tout le monde essaie de construire son identité, car on estime que la valeur humaine la plus importante, c’est l’autonomie. Etre libre de faire et de parfaire sa propre identité. Toutefois, la décontraction croit qu’une telle tentative est toujours fausse.  Autrement dit,  tout le monde est hypocrite, y compris Dieu. Or, l’accusateur essaie de «déconstruire» à la fois Dieu et Job. L’accusateur prétend que Dieu ne sait pas ce qui motive son serviteur et l’accusateur dit que derrière une façade noble, Job cache des motifs égoïstes et malfaisants. 2

Puis-je le dire ainsi ? Le livre de Job est, au fond, une grande parabole qui expose la folie d’oser être plus sage que Dieu. Au fond de cette tentative d’oser être plus sage que Dieu, c’est la présomption, devant la souffrance, d’être mieux informé que Dieu lui-même et de pouvoir lire le cœur des autres qui y sont impliqués. Autrement dit, cette tentative de «sagesse» n’est pas sage, car elle est, au contraire, un procès d’intention qui nous fera plus de mal que de bien. Dans les chapitres à venir, vous allez rencontrer des gens qui, tout comme l’accusateur, prétendront connaître les motifs qui animent Job. Et plus tard, vous verrez que Job lui-même dira à Dieu que Dieu ne joue pas selon les règles que Job estime être les bonnes, car Job prétend mieux comprendre que Dieu ! 3    Oser être plus sage que Dieu.

Eh bien, que faire ? Nous avons besoin d’une autre sagesse, une vraie sagesse. Voici ce qu’en dit l’apôtre Paul aux versets 19 à 21 de 1 Corinthiens, chapitre 1:

«19 Voici ce que l’Écriture déclare:
« Je détruirai la sagesse des sages, 
je rejetterai le savoir des gens intelligents. » 20 Alors, que peuvent encore dire les sages ? ou les gens instruits ? ou les discoureurs du temps présent ? Dieu a démontré que la sagesse de ce monde est folie ! 21 En effet, les humains, avec toute leur sagesse, ont été incapables de reconnaître Dieu là où il manifestait sa sagesse. C’est pourquoi, Dieu a décidé de sauver ceux qui croient grâce à cette prédication apparemment folle de la croix.»

Jésus-Christ n’est pas une forme de sagesse parmi d’autres ; il est la sagesse elle-même ! Pourquoi ? Parce que la vraie sagesse est toujours à la fois relationnelle et rédemptrice. C’est le pouvoir de renouveler et de parfaire des relations cassées, à la fois avec Dieu et avec autrui. Parfois, la sagesse de Dieu nous paraîtra comme en étant absurde: de la souffrance et de l’injustice sans explications. Toutefois, pour ceux que Dieu aime en son Fils,  sa sagesse est toujours motivée par sa gloire et sa grâce personnelles. La preuve ? La croix de Jésus-Christ lui-même.

Dieu vient dans notre misère, pour prendre sur lui-même notre péché contre lui et contre notre prochain. Il vient satisfaire à sa justice pour nous. Toutefois, sa façon de faire paraît si injuste : la croix de la peine capitale infligée à un innocent ! C’est le contraire de ce qu’on attend, car il nous est difficile d’accepter qu’un tel crime puisse venir de son amour, de sa bonté, de sa grâce. Voilà ce qui nous dépasse: Comment croire que sa bonté s’accomplit au travers de la souffrance et de l’injustice ? Notre     « sagesse » ne peut arriver à une autre conclusion. Oser être plus sage que Dieu. 

Il se peut que vous soyez en train de lire cet article, tout en étant profondément tristes, voir démolis. Vous vivez le chagrin. Des choses vous arrivent qui vous dépassent. Vous êtes blessés par les autres. Vous essayez de vous soigner en espérant pouvoir comprendre ce qui a motivé les autres de vous traiter ainsi. Mais vous n’êtes pas Dieu.  Alors, il vous est impossible de comprendre pourquoi. Pire, tenter de saisir et de juger les motifs des autres finit par empirer votre propre souffrance.

Ou bien, dans votre douleur réelle, vous pensez que Dieu n’est pas juste et qu’il est incapable de vous montrer la moindre empathie. Encore, vous n’êtes pas Dieu. Alors, il vous sera impossible d’expérimenter, avec certitude, ce que Dieu expérimente. Autrement dit, juger Dieu finira par empirer votre souffrance. Puis-je le dire ainsi ? Notre sagesse ne pourra jamais comprendre ou cerner notre chagrin. Voilà pourquoi la pire chose que nous puissions faire, c’est oser être plus sage que Dieu !

Toutefois, il y a une autre option: laissez Jésus-Christ vous porter au travers de votre souffrance et de votre cœur brisé. Lui seul connaît les motifs des autres, et les vôtres. Lui seul vous aime véritablement. Il est le seul ayant le pouvoir pour transformer votre souffrance en guérison, et ceci, jusqu’au fond de votre âme. Oser être plus sage que Dieu tourne toujours au vinaigre: on finit par  juger les motifs des autres et de Dieu lui-même. Par contre, la sagesse qui vient de Dieu finit par se remettre entre ses bras: « Seigneur, je ne comprends pas pourquoi tu permets une telle souffrance dans ma vie. Je ne peux rien faire et je ne peux rien dire. Je vais simplement me fier à toi et t’attendre, parce que tu m’aimes et tu veux ta gloire et ta bonté dans ma vie. »

Comme le dit le verset 7 de Proverbes 1 : « Rester silencieux entre les mains du Seigneur est le commencement de la sagesse.»

  • J.G. Zoellner

Notes

  1. L’argument avancé ici vient de Longman III, Tremper, Commentary on Job, Grand Rapids, E-U, Baker Academic, 2012.
  2. Longman III, Commentary on Job
  3. Longman III, Commentary on Job

Le pouvoir : levez les yeux vers l’autre – Matthieu 20, 25 à 28

Aujourd’hui, nous revenons sur une histoire déjà racontée dans un article précédant. En 1870, Lord Acton, homme politique chrétien d’Angleterre se rend au Vatican, à Rome. Sa mission ? En tant que Catholique romain engagé, il veut persuader les cardinaux réunis au Premier Concile du Vatican de ne pas adopter une nouvelle doctrine affirmant l’infaillibilité des déclarations du pape. Il échoue. Plusieurs années plus tard, dans une lettre écrite en 1887, il explique son opposition à cette décision en se servant d’une phrase jadis devenue célèbre : « Le pouvoir à tendance à corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolument.»

« Le pouvoir a tendance à corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolu-ment » laisse croire que le pouvoir est souvent synonyme d’abus. A cet effet, nous avons déjà regardé ce que Jésus dit au sujet du pouvoir qui détruit la vie, résumé au verset 26 de Matthieu chapitre 20 : « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir.» Il s’agit d’une attitude d’orgueil et de supériorité devant les autres, justifiée par une dureté de coeur convaincue que « je mérite l’honneur… plus que les autres… plus que Jésus lui-même ».

Toutefois, il y a ici un défi de taille, à savoir, que faire si on exerce du pouvoir, tout en étant chrétien ? Par exemple, vous fondez votre propre compagnie ayant des gens travaillant pour vous. Vous exercez une responsabilité administrative ou léglislative au sein du gouvernement. En tant que médecin ou avocat, vous prenez des décisions déterminantes dans la vie des autres. Vous êtes juge, policier ou militaire. Est-ce possible d’être chrétien ou chrétienne tout en ayant un métier où on exerce un pouvoir réel ?

Or, selon les versets 25 à 28, Jésus dit que ceci est possible, mais difficile. Voici comment il le dit:  « 25 Alors Jésus les appela tous et dit ‘Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir. 26 Mais cela ne doit pas se passer ainsi parmi vous. Au contraire, si l’un de vous veut être grand, il doit être votre serviteur, 27 et si l’un de vous veut être le premier, il doit être votre esclave: 28 c’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais il est venu pour servir, et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens.’»

Il est donc possible de vous servir de votre position de direction pour faire épanouir la vie des autres. Toutefois, comment le faire? En guise de réponse, je vous prie de retenir une seule phrase que voici : Lever les yeux vers l’autre. Actuellement, et au travers de l’histoire, il y a de différentes manières de regarder notre prochain.  On peut détourner les yeux des autres pour les traiter sans honneur ou même avec du mépris. Ou bien, on peut regarder les autres d’un piedestal, d’un air supérieur. Ou encore, on peut regarder les autres droit aux yeux, comme nos égaux. Jésus, lui, appelle ses disciples  à adopter une attitude radicale, à savoir: lever les yeux vers les autres en étant vous-même à genoux devant eux. Il y aura deux choses à mieux comprendre dans ce regard : (1) Pourquoi Jésus lève les yeux vers nous; et (2) Comment vous pouvez lever les yeux vers l’autre.

(1) Pourquoi Jésus lève les yeux vers nous. Jésus dit une chose extraordinaire qui nous dépasse. Il se met à genoux devant nous pour nous regarder comme s’il est notre serviteur, comme notre esclave ! Comment est-ce possible ? Jésus notre serviteur ? Il nous voit tel que nous sommes véritablement : spirituellement esclaves. Le verset 28 le dit ainsi : «Le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais il est venur pour servir, et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens ».

Il vient pour nous libérer, car nous sommes prisonniers de l’égoïsme de notre cœur…esclaves de notre mépris pour Dieu et pour notre prochain…incapables de voir emprise de Satan sur notre coeur.  Bref, nous sommes spirituellement et moralement sans espoir, sans avenir, sans liberté. Cette compréhension de notre état spirituel ne reçoit pas beaucoup de bonne presse, ni au Québec ni en Occident. La tendance majoritaire est de nous voir comme en étant véritablement libres : libres de changer notre cœur, libre de faire le bien, libres d’être bons. Bref, nous caressons une image de soi plutôt progressiste, innovatrice et moralement élevée.

Jésus, par contre, est plutôt contre-culturel,voir choquant ! Il ne dit          ni « Suivez mon exemple pour devenir moralement meilleurs » ni « Soyez plus forts, plus résiliants…vous pouvez le faire. » Il vient jusqu’à nous, à genoux, en disant « Je prendrai sur moi tout votre péché, votre égoïsme, votre mal, vos blessures. » Il se met à genoux et leve ses yeux vers nous en disant « Voici combien je vous aime ! » Il devient notre substitut. Il paie le prix en se faisant clouer sur une croix, pour y subir la justice de Dieu que mérite notre vrai état d’âme. Il devient notre esclave,  afin que nous soyons pardonnés à tout jamais, afin que nous soyons libérés de toute condamnation.

Or, voici pourquoi ceci est si important: vous ne pourrez pas lever les yeux vers l’autre à moins de voir Jésus en train de vous regarder, à genoux devant vous. C’est seulement lorsque votre cœur est percé par son regard de grâce que vous pourrez lever les yeux vers les autres. Seule la grâce de Jésus pour vous puisse transformer le pouvoir, afin pour que vous puissiez vous en servir pour faire épanouir la vie des autres. Si…l’un de vous veut être grand…l’un si l’un de vous veut être premier. Alors, comme chrétiens, y a une place pour prendre de l’initiative… pour assumer de la responsabilité…pour occuper une place d’influence. Mais uniquement si vous exercez ce pouvoir en vous mettant à genoux, pour lever les yeux vers les autres. Alors, comment, regarder l’autre en étant soi-même à genoux ?

 

(2) Comment pouvez-vous lever les yeux vers l’autre ? En guise de réponse, j’attire votre attention aux versets 12 à 17 de Colossiens, chapitre 3: «12 Vous faites partie du peuple de Dieu ; Dieu vous a choisis et il vous aime. C’est pourquoi vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience. 13 Supportez-vous les uns les autres ; et si l’un de vous a une raison de se plaindre d’un autre, pardonnez-vous réciproquement, tout comme le Seigneur vous a pardonné. 14 Et par-dessus tout, mettez l’amour, ce lien qui vous permettra d’être parfaitement unis. 15 Que la paix du Christ règne dans vos cœurs; c’est en effet à cette paix que Dieu vous a appelés, en tant que membres d’un seul corps. Soyez reconnaissants. 16 Que la parole du Christ, avec toute sa richesse, habite en vous. Instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres avec une pleine sagesse. Chantez à Dieu, de tout votre cœur et avec reconnaissance, des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés par l’Esprit. 17 Tout ce que vous faites, en paroles ou en actions, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en remerciant par lui Dieu le Père.» 

Ici, l’apôtre Paul parle de vos relations avec d’autres chrétiens au sein de l’Église. Autrement dit, c’est au sein de la communauté chrétienne que l’Esprit Saint transforme progressivement nos motifs, nos paroles et notre façon d’être. Puis-je le dire autrement ? Vous pourrez lever les yeux vers l’autre dans le domaine public seulement si Dieu est d’abord en train de vous façonner dans vos relations au sein de l’Église. Lorsque vous apprenez à regarder les autres avec humilité au sein de l’Église, vous serez de plus en plus équipés pour servir comme patron, gérant, cadre, professeur, médecin, fonctionnaire…ou simple voisin dans votre rue ou quartier.  Alors, Paul décrit trois aspects de notre vie d’Église qui sont critiques pour former une attitude chrétienne positive face au pouvoir:   (1) une Église qui édifie; (2) une Église qui réconcilie ; (3) une Église qui adore.

D’abord, lever les yeux vers autrui, c’est vivre dans une Église qui édifie les autres. Le verset 12 le dit ainsi : «12 Vous faites partie du peuple de Dieu ; Dieu vous a choisis et il vous aime. C’est pourquoi vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience.» Pratiquement ? Efforcez-vous de devenir quelqu’un qui écoute avant de parler ! L’apôtre Jacques dit « Chacun doit être prompt à écouter, mais lent à parler et lent à se mettre en colère.» (Jacques 1, 19) En général, ceux et celles qui mènent ont tendance à vouloir diriger des projets et à accomplir des missions. Bref, vous aimez organiser, diriger, persuader, afin que tout se passe comme vous voulez. Par contre, Paul met l’accent ailleurs: « Vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience.» Il s’intéresse d’abord à la qualité des relations avec les autres. Alors, pour regarder autrui, la première chose à apprendre et à faire constamment, c’est ralentir pour écouter, comprendre et se compatir avec les autres. On ne peut pas se mettre à genoux à moins de ralentir en fonction de l’autre.

Ensuite, lever les yeux vers les autres, c’est vivre dans une Église qui réconcilie les gens à Dieu, et les uns aux autres. Au verset 13, Paul dit : « Supportez-vous les uns les autres ; et si l’un de vous a une raison de se plaindre d’un autre, pardonnez-vous réciproquement, tout comme le Seigneur vous a pardonné.» Dans nos relations au sein de l’Église, ce ne sera pas toujours beau. Il y aura des conflits et des blessures. Il y a des relations qui ne seront pas toutes pas guéries. Ce sera la même chose dans votre équipe au travail, dans votre compagnie, à l’école, dans votre bureau. Dans l’Église, toutefois, on apprend à confesser nos péchés, promptement et ouvertement. Nous y apprenons à demander pardon et à l’accorder à ceux qui nous en font la demande, surtout parce que vous savez à quel point Jésus vous a pardonné ! Comme responsable, vous serez critiqués, parfois justement et parfois injustement. Lorsque critiqué, nous pouvons y réagir avec impatience, même de façon agressive. Au sein de l’Église, nous apprenons à accepter des critiques et à prier avec ceux et celles qui les formulent à notre égard. Ainsi, dans la vie publique, notre coeur devient plus disposé à accepter des critiques, mais aussi à prendre de l’initiative pour promouvoir de la réconciliation dans un climat de travail marqué par des critiques. Ainsi, en ayant une position de pouvoir, vous pourrez prendre l’initiative pour intervenir…avec humilité. Dieu vous accorde cette autorité précisément afin de cultiver une ambiance non pas de perfection, mais de réconciliation à travers les peines et les douleurs de nos relations humaines.

Finalement, lever les yeux vers l’autre, c’est vivre au sein d’une Église qui adore Dieu.  J’attire votre attention surtout au verset 17 : «Tout ce que vous faites, en paroles ou en actions, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en remerciant par lui Dieu le Père.» L’Église  a désespérément besoin d’hommes et de femmes qui agissent simplement parce qu’ils désirent adorer Jésus et remercier Dieu le Père. Souvent, cette réalité se vit par la façon dont vous vous servez de la Bible : ou bien de façon autoritaire comme un marteau pour arrêter toute discussion, ou bien de manière serviable, comme une main tendue qui invite à voir et à adorer Dieu. Or,  dans l’adoration de l’Église, nous sommes tous à genoux devant notre Seigneur et Sauveur, devant sa parole. C’est l’adoration, en public, au coeur de nos villes et villages qui nous donne le courage de se mettre à genoux en servant les autres, selon sa Parole, simplement par gratitude envers Dieu pour sa grâce envers eux.

« Le pouvoir à tendance a corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolument.» Certes, cette tentation est bien réelle et il ne faut jamais la sous estimer. Par contre, Jésus nous dit que nous pouvons nous servir du pouvoir qu’il nous donne pour bénir les autres, mais seulement si nous le laissons nous servir comme notre substitut et serviteur. Alors, aidons-nous les uns les autres à fuire la tentation de détourner vos yeux des autres. Aidons-nous les uns les autres à repousser tout désir de regarder autrui d’un air hautain. Aidons-nous les uns les autres à refuser même de les regarder droit dans les yeux ! Jour après jour, efforcons-nous de nous mettre à genoux afin de lever les yeux vers les autres. Encourageons-nous, ensemble, à nous mettre à genoux devant Jésus, pour regarder Celui qui s’est donné pour nous…parce qu’il nous aime tant.

  • J.G. Zoellner

Mais Dieu !

Presque tout le monde dort aux petites heures de cette nuit estivale. Tout est calme, tout est beau…jusqu’à ce qu’une horrible explosion perce le silence…jusqu’à ce qu’une immense boule de feu emporte 47 vies. Mégantic. Le 6 juillet 2013.

Les tragédies de la vie nous interpellent profondément…si nous osons les laisser pénétrer notre cœur. Les tsunamis dévastateurs. Les séismes meurtriers. Les génocides atroces qui tâchent l’histoire humaine. Quelle en est la cause ultime ? La chance arbitraire ? La méchanceté humaine ? Dieu ?

Qu’est-ce qui vous pousse à vouloir vivre ou à ne pas vivre ? Une variété de réponses se font entendre : «Ma vie, c’est ce que je choisis librement…je fais ma vie moi-même !» ; « Pour moi, la vie n’a pas de sens…car il n’y a que la nature implacable où tout termine par la mort.» ; «Moi, ma vie est entre les mains d’un Dieu tellement bon et tellement personnel…sa volonté explique tout.» Quelle est la cause ultime de tout ce qui vous arrive ? Une question incontournable !

Nous voici devant cette question dans la première livre de la Bible, aux versets 1 à 15 du chapitre 45 de la Genèse. Voici une famille juive vivant en Palestine 1 800 ans avant Jésus-Christ. Mais tout n’est pas beau. La majorité des frères sont à couteaux tirés face à l’avant dernier de la famille…à un tel point qu’ils décident de le tuer ! Toutefois, à la dernière minute, ils le vendent. Il est amené loin en Egypte. Des années passent, une grande famine sévit, et la seule place ayant du blé, c’est en Egypte.

Voilà où nous commençons le narratif, aux versets 1 à 8 1 Alors Joseph, incapable de contenir son émotion devant les gens de son entourage, leur ordonna de sortir. Ainsi était-il seul avec ses frères quand il se fit reconnaître d’eux. 2 Mais il pleurait si fort que les Égyptiens l’entendirent, et que la nouvelle en parvint au palais du Pharaon. 3 Joseph dit à ses frères : « C’est moi Joseph ! Mon père est-il encore en vie ? » Mais ses frères furent tellement saisis qu’ils furent incapables de lui répondre. 4 « Approchez-vous de moi », leur dit-il. Ils s’approchèrent. Joseph reprit : « C’est moi Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour être emmené en Égypte. 5 Ne vous tourmentez pas et ne vous faites pas de reproches pour m’avoir vendu ainsi. C’est Dieu qui m’a envoyé ici à l’avance, pour que je puisse vous sauver la vie. 6 Il y a déjà eu deux années de famine dans le pays, mais pendant cinq années encore on ne pourra ni labourer la terre ni récolter les moissons. 7 Dieu m’a donc envoyé dans ce pays avant vous, pour que vous puissiez y avoir des descendants et y survivre ; c’est une merveilleuse délivrance. 8 Ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais Dieu.»

 Mais Dieu ! Mais Dieu…a sauvé cette famille de la mort. Mais Dieu…a réconcilié les frères à travers de grandes larmes de repentance et de pardon. Mais Dieu…a transformé un crime horrible en une rédemption inouïe.

Quelle est la cause ultime de tout ce qui arrive ? Eh bien, nous sommes de nouveau devant cette question au chapitre 2 des Actes des apôtres, autour de l’an 30 de notre ère, à Jérusalem, à environ 50 jours après la crucifixion de Jésus-Christ. Il y a des rumeurs qui courent : plus de 500 témoins oculaires disent avoir vu Jésus ressuscité de la mort. Alors, aux versets 22 à 24, l’apôtre Pierre prend la parole devant une grande foule : 22 « Gens d’Israël, écoutez ce que je vais vous dire : Jésus de Nazareth était un homme dont Dieu vous a démontré l’autorité en accomplissant par lui toutes sortes de miracles et de signes prodigieux au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. 23 Cet homme vous a été livré conformément à la décision que Dieu avait prise et au plan qu’il avait formé d’avance. Vous l’avez tué en le faisant clouer sur une croix par des hommes pécheurs. 24 Mais Dieu l’a ressuscité, il l’a délivré des douleurs de la mort, car il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir.»

 Mais Dieu ! Mais Dieu…l’a ressuscité, car Il est plus puissant que la mort et le mal. Mais Dieu…vient lui-même dans notre monde, afin de se réconcilier avec nous et afin de nous réconcilier avec lui. Mais Dieu…prend sur lui-même notre haine pour lui, afin d’offrir le pardon le plus immérité qui soit.

Pour beaucoup aujourd’hui, la vie n’a pas de sens. Tout ce qui compte, c’est de rechercher, sans trop d’efforts, ce qu’on appelle parfois «de l’authenticité et de l’épanouissement». Pour certains, ce n’est pas important de poser la question que voici : Quelle est la cause ultime de tout ce qui nous arrive ?

La foi chrétienne, toutefois, veut aller plus profondément. Elle veut poser cette question difficile, car la vie est souvent complexe, pénible, et incertaine. Alors, à la lumière des Écritures Saintes, quelle est la cause ultime de tout ce qui m’arrive ? La Bible offre une réponse finale, à savoir, l’unique vrai Dieu trinitaire…Père, Fils et Saint-Esprit ! Il est le seul possédant une dignité parfaitement bonne et puissante. Il est le seul ayant une identité personnelle et éternelle, un seul Dieu en relation interpersonnelle éternelle parmi le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il est le seul qui soit omniprésent. Il vient jusqu’à nous, au cœur de notre péché, où le Fils ose s’incarner afin de s’offrir sur une croix, pour devenir notre substitut et notre pardon, afin de refaire notre relation personnelle et éternelle avec lui.

Il y a, évidemment, des objections à cette vision du monde. Certains croient que cette vision chrétienne du monde est dépassée, voir un comte de fée, et que les tragédies comme Mégantic prouvent que Dieu n’y est point.

Certes, pour le croyant, la souffrance et la tragédie nous sont difficiles, pénibles et déchirantes. Toutefois, si on rejette la vision chrétienne du monde en le remplaçant par la recherche d’authenticité et d’épanouissement, les tragédies deviendront véritablement insupportables. Certains essaient de fuir leur chagrin en disant « Non, la seule réalité est l’ordre naturelle que nous saisissons par notre raison.» D’autres disent «Non, la seule vie, ce sont les expériences et les émotions fortes qui nous créons nous-mêmes, soit seuls soit en communauté.» D’autres encore disent « Je vais simplement vivre en faisant semblant que la vie ne soit pas une immense trou noir où la mort est notre destin ultime.»

Lorsqu’on rejette la vision trinitaire du monde, nous devons espérer – contre toute espérance – que la chance arbitraire ou bien «la force du plus puissant» nous donneront un monde meilleur. Est-ce que l’histoire renforce cet espoir ? C’est très discutable ! Car sans un Dieu trinitaire il faudra mettre notre confiance ailleurs, à savoir, en un monde où, naturellement, la justice et la compassion triompheront sur l’injustice et la souffrance.

Revenons aux deux histoires dans La Genèse et dans Les Actes des apôtres. Avez-vous remarqué deux choses en commun dans ces deux histoires ? Les voici : d’abord Dieu surprend par sa grâce ; et ensuite, lorsqu’il le fait, tous sont réduits en larmes ! Dans La Genèse, Dieu surprend les frères par sa grâce, et ils pleurent en s’embrassant. Dans Les Actes, au jour de la Pentecôte, Dieu surprend par sa grâce, et la foule est profondément bouleversée, au point de crier «Que devons-nous faire pour être sauvés ? »

En voici la surprise commune : vous ne pourrez jamais voir le monde sous la main souveraine et personnelle du Dieu trinitaire, à mois que vous soyez surpris et réduits en larmes par sa grâce et son pardon envers vous. Nous voyons tous la vie avec des lunettes, surtout celles qui nous rassurent que tout va bien parce que nous sommes foncièrement bons. Mais Dieu ! Mais Dieu… vous surprend ! Mais Dieu… vous fait pleurer devant votre propre péché ! Mais Dieu… vous fait ressentir la profondeur du pardon que Jésus seul puisse accorder !  Ensuite, il essuie les larmes de vos yeux, il remplace vos lunettes, mais vous voyez un monde complètement différent !

Là où vous ne voyiez que la souffrance, vous voyez Dieu en train de la changer en des vies réconciliées et renouvelées. Là où vous étiez décimé par vos propres échecs, vous voyez Dieu le Saint-Esprit en train de les transformer en ce qui avance sa gloire…et votre bien. Là où vous voyiez la maladie comme la pire chose, Dieu vous surprend par sa compassion, afin que vous puissiez vous compatir avec d’autres qui souffrent comme vous, et parfois plus que vous. La où vous voyiez des coïncidences bizarres et inattendues, vous voyez le sourire et le clin d’œil de votre Père céleste. Là où vous voyiez une vie plutôt solitaire, vous voyez maintenant la présence intime de Jésus-Christ… jusqu’au jour où vous serez avec lui face à face, dans un corps nouveau. Là où vous voyiez un monde cynique et des étrangers comme vos ennemis, maintenant vous voyez votre ennemi comme votre prochain que vous pouvez aimer.

Mais Dieu ! Mais oui !

  • J.G. Zoellner

Le pouvoir: confronter le coeur humain (2 / 2)

….suite à 1/1

Lorsque Jésus dit, « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir», il nous interpelle de façon profonde et bouleversante. Il nous dit que nous, nous agissons ainsi ! Jésus confronte cette idole de notre cœur. Il nous appelle à être honnêtes face à notre cœur et à avouer l’arrogance de notre suffisance. Mais comment ?

(2) Comment vous pouvez confronter votre cœur. Pour ce faire, réfléchissons aux paroles de l’apôtre Paul, aux versets 10 à 12 d’Éphésiens 6 : «10 Enfin, puisez votre force dans l’union avec le Seigneur, dans son immense puissance. 11 Prenez sur vous toutes les armes que Dieu fournit, afin de pouvoir tenir bon contre les ruses du diable. 12 Car nous n’avons pas à lutter contre des êtres humains, mais contre les puissances spirituelles mauvaises du monde céleste, les autorités, les pouvoirs et les maîtres de ce monde obscur.»

 Pour confronter notre cœur, nous aurons besoin de trois choses : (1) de la communion ; (2) de la constance ; et (3) du courage.

D’abord, pour confronter notre suffisance, nous avons besoin d’être en communion avec Jésus lui-même. Paul le dit ainsi au verset 10 : « Enfin, puisez votre force dans l’union avec le Seigneur, dans son immense puissance.» Bref, nous avons besoin de vivre dans la certitude que Jésus a déjà gagné la bataille pour nous et qu’il nous aime beaucoup plus que nous ne pouvons l’imaginer !

Sachez, en tant que chrétien ou chrétienne,  que Jésus vous aime tellement qu’il s’est donné pour vous afin que vous soyez pardonnés à tout jamais. Jésus vous aime tellement qu’il vous donne l’Esprit Saint pour vous réconforter et vous soutenir. Jésus vous aime tellement qu’il s’engage à vous amener auprès de lui pour toujours. Pour livrer ce combat, vous avez besoin de la confiance que vous pourrez le remporter. Jésus est plus que suffisant pour vous donner la force pour le faire. La preuve ? Il vous a déjà pardonné tous vos péchés, alors la certitude de votre pardon est la force qu’il vous donne afin de pouvoir confronter et confesser votre orgueil, y compris les uns aux autres. Toutefois, cette communion a besoin de se faire renouveler en tout temps, surtout par une vie de prière en communion avec Jésus : seul, en famille, ensemble comme Église.

Ensuite, pour confronter notre suffisance, nous aurons besoin de constance. Le verset 11 dit : « Prenez sur vous toutes les armes que Dieu fournit, afin de pouvoir tenir bon contre les ruses du diable.» Il y a ici quelque chose qui est difficile à comprendre dans notre société québécoise. Le voici : confronter notre suffisance est une bataille exigeante et constante. Un soldat, lui, s’entraîne durement, car il sait que la bataille est rude. Il fait face à des dangers périlleux, des pertes de sommeil, du manque de nourriture, du froid ou de la chaleur accablants, ou des maladies imprévisibles. Dieu nous donne les armes spirituelles dont nous aurons besoin, mais nous aurons besoin de constance ou de persévérance pour nous en servir. Vous ne pourrez jamais baisser votre garde, car cette bataille est un combat constant. Par exemple, dans la prière, protégez-vous en employant chacune de ces armes. Dans le passé, des chrétiens avaient l’habitude de «prier pour que ces armes soient en place ». Ils priaient ainsi, individuellement et ensemble : « Seigneur, je prie que tu m’accordes aujourd’hui ta ceinture de vérité, pour que je ne dise que la vérité en toutes choses. Seigneur, nous prenons tes promesses comme bouclier devant les flèches qui nous font douter tes promesses. Seigneur, nous prenons ta parole pour l’annoncer et la vivre, ensemble, avec vigilance.» Si vous ne priez pas actuellement, commencez aujourd’hui. Si vous priez déjà, persévérez constamment, avec ardeur et joie.

Finalement, pour confronter notre suffisance de soi, nous aurons besoin de courage. Le verset 12 explique pourquoi : « Car nous n’avons pas à lutter contre des êtres humains, mais contre les puissances spirituelles mauvaises du monde céleste, les autorités, les pouvoirs et les maîtres de ce monde obscur.»

Nous avons besoin de courage, car les forces contre nous sont trop puissantes pour y faire face tout seul. L’orgueil n’est pas simplement une faiblesse humaine : il est une idole diabolique. La lutte dans notre cœur est contre ces mensonges et tentations venant du Diable lui-même qui nous incitent à croire que «nous méritons ceci ou cela…que nous en avons droit ». Tous les abus de pouvoir, et toute la méchanceté qui en découle, sont idolâtres. Soyez donc réalistes, lucides, vigilants : la bataille sera difficile et au-delà de vos forces ou de votre ardeur personnelles.

Dans notre vie, et dans celle des autres, nous sommes parfois surpris que la vie chrétienne soit si difficile, que le combat pour notre cœur soit constant et qu’il n’y ait que rarement du répit. Nous pouvons nous décourager, abandonner le combat, et même succomber à la tentation de nous laisser aller en disant « ce n’est pas juste, car je mérite mieux ». Or, ce découragement nous guette parce que nous oublions qui est notre ennemi : ce n’est ni notre prochain, ni notre gouvernement, ni les autres cultures, ni les gens qui se moquent de notre foi. Le combat de notre cœur est, au fond, contre les puissances spirituelles mauvaises du monde céleste, les autorités, les pouvoirs et les maîtres de ce monde obscur.

 Alors, ne cessez jamais de prier Jésus afin qu’il vous donne le courage de reconnaître cette bataille pour ce qu’elle est véritablement. En même temps, soyez certain qu’il vous donnera la clarté d’esprit et le courage pour y faire face, car il a déjà remporté la victoire. En lui, vous êtes et vous serez plus que vainqueurs.

En tant que chrétien ou chrétienne, notre première responsabilité face au pouvoir, c’est de livrer une bataille constante contre notre propre cœur, afin de ne pas céder à la tentation de nous servir du pouvoir pour promouvoir notre propre suffisance. Il est notre responsabilité constante de revenir au pied de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu’il crucifie nos prétentions. Aujourd’hui, et au travers de tous les siècles, une telle responsabilité peut paraître folle et faible. Toutefois, comme le dit l’apôtre Paul : « La folie apparente de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et la faiblesse apparente de Dieu est plus forte que la force des hommes.» (1 Corinthiens 1, v. 25)

Le pouvoir: confronter le coeur humain (1/2)

 

En 1870, Lord Acton, homme politique chrétien d’Angleterre se rend au Vatican, à Rome. Sa mission ? En tant que catholique romain engagé, il veut persuader les cardinaux réunis au Premier Concile du Vatican de ne pas adopter une nouvelle doctrine affirmant que les déclarations du pape sont infaillibles. Il échoue. Plusieurs années plus tard, en 1887, il écrit les paroles suivantes devenues célèbres : «Le pouvoir a tendance à corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolument. Les grands hommes sont presque toujours de mauvais hommes, même lorsqu’ils n’exercent que de l’influence plutôt que de l’autorité. La pire hérésie est la croyance que l’office sanctifie celui qui le détient.»

Comment voyez-vous votre prochain ? Quelle est votre ambition pour la vie ? Ces réalités de votre vie sont profondément marquées par votre attitude envers le pouvoir. Or, selon la Bible, le pouvoir peut être utilisé soit de façon négative soit de façon positive.

Dans ce premier article, nous voulons regarder le côté négatif du pouvoir, tel que Jésus lui-même l’explique aux versets 20 à 28 de l’Évangile de Matthieu. Sous le thème « Le pouvoir : confronter le cœur humain », essayons de réfléchir à deux priorités : (1) comment Jésus confronte notre cœur ; et (2) comment nous devons confronter notre cœur.

(1) Comment Jésus confronte notre cœur.

Nous le verrons bien en suivant un échange entre Jésus et ses disciples aux versets 20 à 25 : « 20 Alors la femme de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses deux fils ; elle s’inclina devant lui pour lui demander une faveur. 21 « Que désires-tu ? » lui dit Jésus. Elle lui répondit : « Promets-moi que mes deux fils que voici siégeront l’un à ta droite et l’autre à ta gauche quand tu seras roi. » — 22 « Vous ne savez pas ce que vous demandez, répondit Jésus. Pouvez-vous boire la coupe de douleur que je vais boire ? » — « Nous le pouvons », lui répondirent-ils. 23 « Vous boirez en effet ma coupe, leur dit Jésus. Mais ce n’est pas à moi de décider qui siégera à ma droite et à ma gauche ; ces places sont à ceux pour qui mon Père les a préparées. » 24 Quand les dix autres disciples entendirent cela, ils s’indignèrent contre les deux frères. 25 Alors Jésus les appela tous et dit : « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir.»

Or, Jésus se retrouve là devant une attitude destructrice face au pouvoir que l’on voit d’abord chez les apôtres Jacques et Jean, et leur mère Salomé, la tante de Jésus. Ensuite, on voit la même attitude dans la réaction des autres apôtres face à la requête de Salomé. Quelle est cette attitude ? La prétention. La prétention est plus que l’ambition : la prétention est l’orgueil qui dit «je mérite mieux…je mérite plus que les autres…je mérite plus que Jésus… j’en ai droit !»

Par exemple, considérer Salomé, Jacques et Jean. Jésus a déjà dit, à plusieurs reprises, que ce qui l’attend est la souffrance et la mort. Il le redit ici : «Pouvez-vous boire la coupe de douleur que je vais boire ?» Toutefois, au lieu de se préoccuper de Jésus et de sa souffrance imminente, ces trois se préoccupent de se faire reconnaître. A leurs yeux, ils méritent plus que Jésus. Hélas, les autres disciples font de même : au lieu de se préoccuper de la souffrance imminente de Jésus, ils s’indignent de la manière dont ils sont (mal)traités. Tous ici se pensent être en droit de recevoir plus que Jésus ! Au 4e siècle de notre ère, le grand théologien et prédicateur grec Jean Chrysostome explique ainsi pourquoi cette attitude est prétentieuse: « Sa gloire est trop relevée, et sa majesté est trop au-dessus non seulement des hommes, mais des anges même, et de toutes les vertus célestes, pour que nulle créature puisse prétendre un honneur réservé au Fils unique du Père. »

Alors Jésus, de façon pastorale, confronte cette attitude de présomption et de suffisance qui nous éloigne de lui, et les uns des autres. Au verset 25 il dit : « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir.»

C’est ainsi que Jésus veut confronter notre cœur aujourd’hui : Jésus confronte notre idole du pouvoir. L’exercice malsain du pouvoir est une idole que nous fabriquons dans notre cœur. Nous créons une idole d’orgueil et de suffisance et nous la nourrissons en nous disant « Je mérite que tous me reconnaissent, m’honorent, me récompensent.» Au fond, cette attitude va plus loin, jusqu’à penser «Je mérite plus que Jésus, car Jésus ne m’est pas suffisant.» Au lieu d’adorer Jésus, nous finissons par nous adorer nous- mêmes. Nous devenons convaincus d’avoir droit de l’adoration des autres. Au fond, cette idole remplace Dieu ! Bref,  Jésus nous appelle à être honnêtes face à notre cœur et à avouer l’arrogance de notre suffisance. Mais comment ?

J.G. Zoellner   … à suivre

 

 

Croire et gérer de façon sensée (2/2)

suite au premier article…

Comment, pratiquement, croire et gérer de façon sensée ?

Pour y répondre, je vous invite maintenant à regarder un autre texte qui présente l’argent de façon positive, à savoir 1 Timothée 6, les versets 17 à 19 : «17 Recommande à ceux qui possèdent les richesses de ce monde de ne pas s’enorgueillir ; dis-leur de ne pas mettre leur espérance dans ces richesses si incertaine, mais en Dieu qui nous accorde tout avec abondance pour que nous en jouissions. 18 Recommande-leur de faire le bien, d’être riches en actions bonnes, d’être généreux et prêts à partager avec autrui. 19 Qu’ils s’amassent ainsi un bon et solide trésor pour l’avenir  afin d’obtenir la vie véritable.»

 Le temps nous manque pour bien approfondir ces versets, alors, je veux me limiter à deux commentaires pratiques pour votre considération et prière. Les deux viennent du verset 18 :  « Recommande-leur de faire le bien, d’être riches en actions bonnes, d’être généreux et prêts à partager avec autrui.»

 (1) Croire en Jésus, c’est investir sagement, pour le bien de votre famille et société : «Recommande-leur de faire le bien, d’être riches en actions bonnes.» Il y a ici quelque chose que nous pouvons parfois oublier, à savoir, que Dieu nous prête son argent pour que celui-ci puisse circuler pour le bien des autres et pour développer notre vie ensemble. En voici deux applications de ce principe. D’abord, cette phrase comprend une responsabilité pour la santé financière de votre couple ou famille. Faire du bien comprend d’essayer de vivre selon les moyens que Dieu vous donne, en surveillant votre budget de façon responsable, pour le bien de vos enfants et peut-être pour vos parents. Ensuite, faire du bien comprend une responsabilité de participer à l’activité économique pour la prospérité générale de tous. Nous n’avons pas, tous, les mêmes ressources financières, mais si Dieu vous donne des avoirs importants, vous aurez une mission accrue venant de Dieu lui-même pour investir son argent pour le bien de votre prochain, de votre ville, et de votre pays.

(2) Croire en Jésus, c’est donner sagement, c’est-à-dire, «d’être généreux et prêts à partager avec autrui.» Or, qu’est-ce que cela veut dire ? Donnez votre argent sans regret, avec joie et liberté, mais au point où votre propre niveau de vie est limité parce que votre argent va aux autres. Autrement dit, donner généreusement, c’est donner de votre nécessaire et non pas de votre surplus ou budget discrétionnaire. Je me rappelle il y a quelques années un homme chrétien aisé qui m’a raconté l’histoire que voici. Un jour, il voyageait avec son fils de 13 ans, lorsque son fils lui dit « Papa, nous pourrions adopter un train de vie plus élevé, n’est-ce pas ? Nous pourrions vivre comme nos amis et nos cousins qui ont plus de choses et qui font plus de voyages. Mais je comprends. Nous vivons ainsi afin de pouvoir donner de façon significative aux autres.» Ce père m’a dit que c’était une des journées les plus heureuses de sa vie.

Il est facile d’être cyniques au sujet de l’argent, en pensant que l’argent est synonyme de corruption. Comme chrétiens, toutefois, votre relation avec l’argent peut être différente! Jésus est venu vous pardonner, certes, mais il veut aussi vous transformer, afin que vous puissiez vivre, un petit plus chaque jour, par sa grâce et sa justice. Ainsi, l’argent qu’il vous prête pour cette vie peut devenir une grande bénédiction dans la vie des autres, et dans votre relation avec Dieu lui-même. Que Dieu le Saint Esprit agisse de plus en plus en nous, comme Église, afin que nous puissions croire et gérer de façon sensée.

  • J.G. Zoellner

 

Croire et gérer de façon sensée (1/2)

Des contradictions et des paradoxes : les deux nous mettent devant de grands défis. Les contradictions, elles, sont comme un studio d’artiste tellement en désordre que nous ne pouvons rien y trouver. Il y est impossible d’être créatif parce que le désordre sape notre imagination. Les paradoxes, eux, sont aussi comme un studio en désordre, mais on finit par trouver nos pinceaux et peintures. Lorsque nous les trouvons, c’est souvent dans ces paradoxes que notre plus grande créativité s’épanouit.

Or, aux versets 1 à 13 du chapitre 16 de l’Évangile de Luc, Jésus nous raconte une parabole. Est-ce une contradiction ou un paradoxe ? Voici le récit :

Jésus dit à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant et l’on vint lui rapporter que ce gérant gaspillait ses biens. 2 Le maître l’appela et lui dit : «Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Présente-moi les comptes de ta gestion, car tu ne pourras plus être mon gérant.» 3 Le gérant se dit en lui-même : «Mon maître va me retirer ma charge. Que faire ? Je ne suis pas assez fort pour travailler la terre et j’aurais honte de mendier. 4 Ah ! je sais ce que je vais faire ! Et quand j’aurai perdu ma place, des gens me recevront chez eux !» 5 Il fit alors venir un à un tous ceux qui devaient quelque chose à son maître. Il dit au premier : «Combien dois-tu à mon maître ?» — 6 «Cent tonneaux d’huile d’olive», lui répondit-il. Le gérant lui dit : «Voici ton compte ; vite, assieds-toi et note cinquante.» 7 Puis il dit à un autre : «Et toi, combien dois-tu ?» — «Cent sacs de blé», répondit-il. Le gérant lui dit : «Voici ton compte ; note quatre-vingts.» 8 Eh bien, le maître g loua le gérant malhonnête d’avoir agi si habilement. En effet, les gens de ce monde sont bien plus habiles dans leurs rapports les uns avec les autres que ceux qui appartiennent à la lumière. » 9 Jésus ajouta : « Et moi je vous dis : faites-vous des amis avec les richesses trompeuses de ce monde, afin qu’au moment où elles n’existeront plus pour vous on vous reçoive dans les demeures éternelles. 10 Celui qui est fidèle dans les petites choses est aussi fidèle dans les grandes ; celui qui est malhonnête dans les petites choses est aussi malhonnête dans les grandes. 11 Si donc vous n’avez pas été fidèles dans votre façon d’utiliser les richesses trompeuses de ce monde, qui pourrait vous confier les vraies richesses ? 12 Et si vous n’avez pas été fidèles en ce qui concerne le bien des autres, qui vous donnera le bien qui vous est destiné ? 13 « Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra le premier et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent . »

Contradiction ou paradoxe ? Le gérant est, de toute évidence, un fraudeur ! Pourtant, Jésus le félicite ! Est-ce une contradiction ? A première vue, oui ! Toutefois, il s’agit d’une parabole, ou si vous voulez, un récit fictif qui nous amène à regarder au-delà de nos idées préconçues. A vrai dire, Jésus y présente un paradoxe : il se sert d’une contradiction apparente afin de nous saisir d’une vérité profonde. La voici : notre Seigneur nous interpelle concernant comment nous gérons nos avoirs. Au fond, il dit qu’il y a un lien étroit entre votre foi en lui et la façon avertie dont vous gérez votre argent. Alors, je vous invite à y réfléchir sous le thème Croire et gérer de façon sensée.

Dans cette parabole, Jésus met dans la bouche du maître des paroles qui nous dérangent. Nous les trouvons au verset 8 : «Eh bien, le maître loua le gérant malhonnête d’avoir agi si habilement. En effet, les gens de ce monde sont bien plus habiles dans leurs rapports les uns avec les autres que ceux qui appartiennent à la lumière.» Voici ce que Jésus veut dire : souvent, ceux qui ne croient pas en lui sont plus prévoyants et avertis avec leur argent que ceux qui sont chrétiens. Pourquoi ? Parce que, comme Jésus dit à la toute fin du récit, au verset 13, tout dépend de qui est notre maître. Si l’argent est notre maître suprême – comme c’est le cas pour ce gérant – alors nous serons agiles, engagés et avertis dans notre façon de le servir, parce que l’argent est notre dieu.

Or, voici qu’arrive le paradoxe ! D’un côté, nous qui sommes croyants, nous savons que l’argent n’est pas notre Dieu et Sauveur. L’argent est comme une maison : inutile de l’aimer parce qu’il ne peut pas nous aimer en retour ! De l’autre côté – et voici le paradoxe – refuser d’aimer l’argent ne veut pas dire d’être irresponsables ou insouciants dans notre façon de le gérer ! Puis-je dire ce paradoxe autrement ? Si nous gérons l’argent sans rigueur, nous ne sommes pas en train d’honorer Dieu, mais plutôt en train d’aimer l’argent plus que Dieu qui nous le donne : «Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent.»

Au fond, Jésus nous dit «Attention ! Le plus petit signe de votre confiance en moi, c’est la façon sensée dont vous gérez la chose la moins importante qui appartient à votre Dieu et Sauveur ! » Or, c’est notre façon de gérer nos avoirs qui nous prépare à assumer des responsabilités plus importantes dans la vie et surtout, au sein de l’Église. Autrement dit, si l’Église, elle, veut bien annoncer l’évangile au monde, il est d’abord si important de gérer son argent de façon avertie et irréprochable ! Jésus le dit ainsi au verset 11 : «Si donc vous n’avez pas été fidèles dans votre façon d’utiliser les richesses trompeuses de ce monde, qui pourrait vous confier les vraies richesses ?»

Est-ce ceci veut dire qu’être riche est toujours un signe d’une foi bien engagée? Non, il y a trop d’autres textes bibliques qui disent le contraire ! Par contre, une chose est certaine : la plus petite preuve que nous nous fions à Jésus pour notre vie, c’est notre effort de bien gérer l’argent et les avoirs qu’il nous confie. Autrement dit, celui ou celle dont le cœur est saisi par l’évangile fera un effort soutenu pour gérer de façon prévoyante et avertie. Pourquoi ? La grâce de Jésus ! L’évangile nous dit que tout dans la vie, et surtout notre pardon par Jésus, est un cadeau immérité de Dieu. Et combien ce cadeau a coûté cher à Dieu ! Il s’agit du don inestimable de Jésus lui-même ! Or, nous ressentons combien nous lui devons pour tout, y compris pour les choses les plus ordinaires de la vie. Mais comment, pratiquement, croire et gérer de façon sensée ?

… à suivre

Le sexe: à qui appartient mon corps ? ( 2/2 )

(3) Protéger ma vie sexuelle. Voici ce qu’en dit Paul dans les versets 18 à 20 : «18 Fuyez l’immoralité ! Tout autre péché commis par l’homme reste extérieur à son corps ; mais l’homme qui se livre à l’immoralité pèche contre son propre corps. 19 Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit, cet Esprit qui est en vous et que Dieu vous a donné ? Vous ne vous appartenez pas : 20 Dieu vous a acquis, il a payé le prix pour cela. Mettez donc votre corps lui-même au service de la gloire de Dieu.»

Je veux souligner un mot ici : fuir ! Fuir vos tentations sexuelles intérieures pour aller à Jésus. Toute tentation est forte, car sinon, elle ne serait pas tentante ! Nos émotions, nos impulsions, nos fantasmes, notre solitude ! Les tentations sont parfois tellement difficiles à vivre, mais la tentation n’est pas elle-même péché ! Alors, fuir à Jésus et réclamer ses promesses.

D’abord, il vous comprend parce qu’il a été lui-même tenté comme vous. Hébreux 2, le verset 18 :« Et maintenant, il peut secourir ceux qui sont tentés, parce qu’il a passé lui-même par la tentation et la souffrance.» Ensuite, il vous accordera sa force. 1 Corinthiens 10, le verset 13 : «Les tentations que vous avez connues ont toutes été de celles qui se présentent normalement aux hommes. Dieu est fidèle à ses promesses et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais, au moment où surviendra la tentation, il vous donnera la force de la supporter et, ainsi, le moyen d’en sortir.»

Fuir les pièges sexuels actuels pour aller à Jésus. D’accord, mais comment ?  En réclamant sa force, et ensuite en agissant de façon délibérée et soutenue… pour éviter les personnes qui vous excitent sexuellement… pour fermer à tout jamais des sites WEB qui nourrissent vos fantasmes… pour vous éloigner des lieux et des événements qui sont sexuellement difficiles pour vous, tout comme d’autres évitent des situations qui provoquent leurs faiblesses envers la colère, ou l’avarice, ou les commérages.

Aller à Jésus, surtout dans la prière, seul et avec d’autres, pour que Dieu le Saint-Esprit vous soutienne dans votre effort d’utiliser votre corps pour la gloire de Dieu. Bref, il s’agit d’une vie à nourrir, en paroisse ou église locale, où nous pouvons recevoir de l’encouragement, de l’appui et de la compassion des autres.

Également, il y a souvent un besoin de faire la paix par rapport à notre immoralité sexuelle passée, et de vivre cette paix auprès de Jésus tous les jours. Peut-être que vous avez déjà eu des relations sexuelles avant le mariage. Peut-être qu’il s’agit de l’infidélité dans votre mariage. Peut-être que vous vous êtes adonné à une relation homosexuelle. Avouer-le à Dieu, ouvertement et honnêtement, faire demi-tour dans sa présence, et où il est nécessaire de le faire, demander pardon aux gens que vous avez ouvertement blessés. Réclamer son pardon, car sur la croix, il a tout fait pour pardonner tous vos péchés, même ceux de votre vie sexuelle antérieure. Aller à Jésus pour recommencer à nouveau, pour recommencer à zéro. Aller à Jésus pour demander sa force pour vivre votre sexualité, fidèlement, au sein de votre mariage. Aller à Jésus pour demander sa force pour vivre votre sexualité, fidèlement, dans la chasteté du célibat.

Dieu ne nous appelle pas à nier ou à refouler nos émotions et nos désirs sexuels. Au contraire, Jésus nous libère et nous pardonne afin que nous soyons honnêtes face à notre vie sexuelle : devant Dieu, en dedans de soi-même, envers notre époux ou épouse, et les uns envers les autres. Que l’Église – et surtout chaque Église locale ou paroisse – soit une communauté d’honnêteté et d’humilité où nous pourrons tous nous aider et nous soutenir à vivre notre sexualité sainement et avec contentement, comme Jésus le désire. « Car le corps humain, lui, n’est pas fait pour l’immoralité : il est pour le Seigneur et le Seigneur est pour le corps. »

  • J.G. Zoellner

Le sexe: à qui appartient mon corps ? (1/2)

« Conduis-moi dans ta chambre, rends-nous follement heureux tous les deux ; célébrons notre amour plus enivrant que le vin. Elles ont bien raison, les filles, d’être amoureuses de toi ! » Poème d’amour écrit sur la rive gauche à Paris dans les années 1920 ? Paroles entre deux amoureux dans un film récent ? Non, il s’agit d’un chant d’amour de la Bible, long de 4 chapitres, intitulé Cantique des cantiques.

Selon Dieu, notre vie sexuelle est un de ses grands cadeaux, à être vécue et célébrée avec plaisir. Toutefois, il y a aussi un profond paradoxe dans notre vie sexuelle : elle peut nous procurer à la fois de grandes joies et de profondes peines. Dans le présent article, nous voulons regarder les eaux troubles de notre vie sexuelle. Lors d’un deuxième article, nous regarderons toute la joie de notre sexualité. Dans les deux, nous essayerons de voir comment notre foi en Jésus-Christ nous aide à y naviguer. Alors, je vous invite à examiner les versets 12 à 20 de 1 Corinthiens 6, sous le thème Le sexe : à qui appartient mon corps ? A la lumière de ce thème, regardons trois réalités de notre vie sexuelle : (1) orienter ma vie sexuelle ; (2) partager ma vie sexuelle ; et (3) protéger ma vie sexuelle.

(1) Orienter ma vie sexuelle. Regardons les versets 12 à 14 : «12 Vous allez jusqu’à dire : « Tout m’est permis. » Oui, cependant tout ne vous est pas bon. Je pourrais dire : « Tout m’est permis », mais je ne vais pas me laisser asservir par quoi que ce soit. 13 Vous dites aussi : « Les aliments sont pour le ventre et le ventre pour les aliments. » Oui, cependant Dieu détruira les uns comme l’autre. Mais le corps humain, lui, n’est pas fait pour l’immoralité : il est pour le Seigneur et le Seigneur est pour le corps. 14 Dieu a ramené le Seigneur à la vie et il nous ramènera de la mort à la vie par sa puissance.»

Lorsque l’apôtre Paul écrit ces paroles dans les années 50 de notre ère, il nage en pleine controverse au sujet de l’orientation sexuelle. Il ne s’agit pas, ici, d’homosexualité ou d’hétérosexualité, bien que cette réalité soit actuelle à son époque tout comme aujourd’hui. La question d’orientation sexuelle que l’apôtre Paul aborde est plutôt celle-ci : A qui appartient ma vie sexuelle ?

Or, chez un certain nombre d’hommes dans l’Église de Corinthe, la réponse y est simple : à moi-même ! Ils disent à peu près ceci : « Tout comme la nourriture est pour le corps et le corps pour la nourriture, de même, le sexe est pour le corps et le corps est pour le sexe.» Bref, leur orientation sexuelle se résume ainsi : le sexe est un appétit normal que je peux vivre librement, de n’importe quelle manière qui me satisfait.

Maintenant, regardez l’orientation sexuelle que Paul développe à la fin du verset 13 et au verset 14 : « Mais le corps humain, lui, n’est pas fait pour l’immoralité : il est pour le Seigneur et le Seigneur est pour le corps. 14 Dieu a ramené le Seigneur à la vie et il nous ramènera de la mort à la vie par sa puissance.» Puis-je résumer les propos de Paul ainsi : votre vie sexuelle appartient à Jésus-Christ. Pourquoi ? La résurrection ! Dieu a ramené le corps de Jésus à la vie, et il ressuscitera à la vie le corps de tous ceux qui croient en Jésus.

Voici ce qui est important à souligner ici : la foi chrétienne tient en estime le corps humain plus que toutes autres croyances. Pourquoi ? Parce que l’œuvre de Jésus-Christ, c’est de garantir que la fin ultime du corps, c’est sa résurrection physique, sans corruption. Voilà pourquoi votre vie sexuelle est tellement importante : votre corps appartient à Jésus pour l’éternité. En voici une illustration tirée du monde de la médecine.

Lorsqu’un chirurgien opère pour réparer le genou ou la hanche de quelqu’un qui marche péniblement, il veut surtout que son patient puisse finalement marcher comme il faut, sans douleurs. Mais pour y arriver, il faudra plus que l’intervention! Le patient, lui, aura besoin de faire sa physiothérapie post-opératoire en vue du but ultime à atteindre. De même, Jésus vous appelle à orienter votre vie sexuelle maintenant, en vue de votre résurrection éternelle !

(2) Partager ma vie sexuelle. Lisons les versets 15 à 17 : « 15 Vous savez que vos corps sont des parties du corps du Christ. Vais-je donc prendre une partie du corps du Christ pour en faire une partie du corps d’une prostituée ? Certainement pas ! 16 Ou bien ne savez-vous pas que l’homme qui s’unit à une prostituée devient avec elle un seul corps ? Il est écrit, en effet : « Les deux deviendront un seul être. » 17 Mais celui qui s’unit au Seigneur devient spirituellement un avec lui.»

L’apôtre dit ici que lorsqu’on a une relation sexuelle, on s’unit avec cette personne. Or, un chrétien ou une chrétienne est d’abord uni à Jésus-Christ : «Vous savez que vos corps sont des parties du corps du Christ» (v.15). Alors, lorsque nous partageons notre vie sexuelle, nous voulons rester unis à Jésus. Comment ? Voici le fondement de tout l’enseignement ailleurs dans Nouveau Testament du partage de notre vie sexuelle. En résumé, le voici : Jésus vous appelle à partager votre vie sexuelle uniquement au sein du mariage, avec une personne du sexe opposé, qui est aussi unie à Jésus-Christ et donc destinée à la résurrection. Or, de nos jours, ceci peut paraître étroit ou démodé, alors permettez-moi de l’élaborer très brièvement.

D’abord, le chrétien ou la chrétienne partage sa vie sexuelle uniquement au sein du mariage. Ceci exclut donc des relations avant le mariage ou bien l’adultère en étant mariés. Pourquoi ? La résurrection ! Jésus s’est engagé à s’offrir pour nous et il s’est engagé à vaincre la mort par sa résurrection. Bref, il s’unit à nous, il s’engage à nous, afin que nous puissions nous engager à lui. Or, notre vie sexuelle découle de notre union avec Jésus.

Alors, pour que nos relations sexuelles soient vraies et profondes, il nous faut d’abord l’engagement, le mariage. S’unir de corps avec quelqu’un sans en être unis d’abord par un engagement de fidélité à vie est une relation artificielle qui produit des douleurs. C’est comme la paix sans la justice: sans la justice il n’y a pas de paix. De même, sans la justice de l’engagement, l’union sexuelle ne sera pas en paix.

Ensuite, le chrétien ou la chrétienne partage sa vie sexuelle dans un mariage avec le sexe opposé. Ceci exclut donc des relations homosexuelles. Pourquoi ? La résurrection ! Dieu nous a créés, homme et femme, dans son image, afin que nous puissions nous aider et nous complémenter. Mais le péché endommage notre identité sexuelle et crée des souffrances sexuelles profondes entre hommes et femmes, et même entre ceux et celles du même sexe. Par exemple, dans tout le Nouveau Testament, il y a 7 passages au sujet des relations homosexuelles, et tous ces textes en parlent de façon négative. Or, par sa résurrection, Jésus renouvelle notre identité sexuelle telle que Dieu l’a créée à son image, pour que les hommes et les femmes puissent réapprendre à se complémenter. Selon son dessein, lorsque ce renouvellement complémentaire se manifeste dans les relations sexuelles, c’est entre un homme et une femme, mariés l’un à l’autre.

Finalement, le chrétien ou la chrétienne partage sa vie sexuelle dans un mariage avec un autre croyant. Pourquoi ? La résurrection ! Jésus nous donne un corps nouveau pour l’éternité, et en réponse, nous savons qu’il est notre premier amour et le destin de notre vie. Jésus veut que votre mariage soit uni. Or, pour qu’un mariage reste uni, il est tellement important que le couple partage les mêmes priorités pour la vie, qu’ils marchent ensemble dans la même direction vers la même destination. Lorsque deux chrétiens se marient, vous partagez tous les deux le même amour ultime et le même but ultime pour la vie, à savoir, votre amour pour Jésus et votre désir d’être ressuscités et unis à lui. Bref, c’est votre amour premier pour Jésus qui crée et soutient votre unité sexuelle au sein de votre mariage.

  • J.G. Zoellner

à suivre