« Padre, que faites-vous là à cette heure ? »

       «Qui va là ?». La voix du jeune fantassin canadien résonne de la tranchée, à travers l’obscurité impénétrable de la nuit et de pluie battante. «C’est moi, le Padre1» vient la réponse de l’aumônier militaire protestant, en se glissant dans la position défensive aux petites heures du matin. «Mais Padre, que faites-vous là à cette heure ?» Voilà, en effet, une question qui résume bien le ministère de l’aumônier militaire, lequel doit pouvoir servir «ses troupes» à toute heure et en tous lieux. On peut définir ce ministère à la fois officiellement et officieusement. Les Forces canadiennes définissent officiellement la mission d’un aumônier militaire tel que: L’aumônier veille au bien-être moral et spirituel de toute personne faisant partie de la base, l’unité ou l’élément et:(a) dirige les offices religieux et officie aux baptêmes, mariages et funérailles;(b) prend des mesures nécessaires pour accorder des secours religieux aux militaires ou aux membres de leurs familles qui selon le cas sont malades, en détention civile ou militaire ou qui désirent des secours religieux;(c) doit être prêt à assurer l’aide et l’instruction religieuses à toutes les personnes de la base, l’unité ou l’élément. 2 Officieusement,  le rôle de l’aumônier militaire est d’initier le contact avec les militaires et leurs familles, pour être à côté d’eux là où ils se trouvent, et pour partager avec eux des situations pénibles et où ils sont vulnérables. On appelle souvent ce travail un «ministère de présence». À toutes fins pratiques, que signifie cette expression ? Certes, l’aumônier est personnellement et fréquemment auprès des gens mais au fond, un aumônier militaire protestant est surtout un ministre de l’Évangile de...

« Comment célébrer Noël »

        Dans le présent article, je vous invite à considérer ce que dit l’apôtre Paul aux versets 1 à 11 du 2e chapitre de sa lettre à l’Église de Philippe, sous le titre: « Comment célébrer Noël ». Commençons par un récit fictif. Il était une fois une Église connue pour la qualité de sa musique. Elle avait une excellente chorale et un soliste ayant une superbe voix de ténor. Or, en préparant la musique de Noël une année, le soliste provoque une dispute. Il affirme qu’il n’est pas bon pour la chorale et lui-même d’être en arrière de l’Église et en haut dans le balcon. Il veut que tous les musiciens soient en avant, afin que tous puissent les voir et mieux les apprécier. Toutefois, et le directeur musical et le pasteur décident de ne rien changer. Selon eux, le rôle de la chorale n’est pas d’offrir une prestation musicale, mais d’aider le peuple à prier ensemble par les chants. Hélas, suite à cette décision, le soliste quitte l’Église sur le champ. Inutile à dire que cette année-là, Noël a été célébré sans beaucoup de paix. Or, actuellement, préparez-vous à célébrer Noël sans beaucoup de paix ? Sentez-vous qu’il y a d’autres dans votre Église qui ne vous accordent pas la reconnaissance que vous pensez mériter ? Êtes-vous déçus ou même piqués parce que l’Église semble oublier vos intérêts ? Dans votre mariage, trouvez-vous que votre mari ou votre épouse s’intéresse plus à sa carrière qu’à vos besoins ? Bref, lorsque nos relations avec les autres ne sont pas au beau fixe, il nous est difficile...

David CRAIG (1937-2001): Capsule historique

CAPSULE HISTORIQUE: le pasteur David CRAIG (1937-2001) David Craig fut un pionnier du renouveau de la mission réformée francophone au Québec. A la fois pasteur, aumônier militaire, missionnaire et le fondateur de FAREL | Faculté de théologie réformée, les premiers cours de FAREL se donnaient au sous-sol de la maison familiale à Québec vers la fin des années 1970. Sur sa pierre tombale dans le cimetière anglican de Berthierville (Québec), il est écrit: « CRAIG, David Trevor, 1937-2001, beloved husband and papa, pionnier de l’Eglise réformée du Québec, pasteur bien-aimé, Soli Deo Gloria » L’homme et sa vie méritent d’être mieux connus et appréciés. Voilà pourquoi nous vous recommandons la lecture du livre (2009) de Jason Zuidema (PhD, McGill) intitulé « Vie et Pensées de David Craig, 1937-2001: Missionnaire Presbytérien Canadien ». Notre Dieu lui-même nous commande d’étudier et de connaître l’histoire de son Église et de ses serviteurs: « Souvenez-vous de vos anciens dirigeants, qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Pensez à la façon dont ils ont vécu et sont morts, et imitez leur foi.» (Hébreux 13, le verset 7) Bonne lecture...

« Fatigué de vivre » – Livre de Job, chapitre 3

      Pourriez-vous imaginer un bon repas bien servi, mais dont le tout est couvert par une nappe noire placée au-dessus du repas ? Cette nappe symbolise la perspective du 3e chapitre de Job : la vie commence bien, en étant belle, mais elle est couverte d’une nappe cynique, souffrante et désespérée. Parfois, on dit que la foi chrétienne cultive une attitude naïve et sentimentale face à la vie, parce que les chrétiens refusent de faire face à la laideur et la souffrance de la condition humaine. Certes, il nous arrive de ne pas vouloir vivre ce qui est pénible. Toutefois, ce chapitre 3 de Job est marquée de réalisme. Il est sombre et difficile à lire, car il affronte – honnêtement – le péché, la souffrance et la douleur. On pourrait même intitulé ce chapitre Fatigué de vivre. J’aborde ce chapitre doucement et, j’espère, avec du respect. Si vous êtes déjà passés par cette expérience d’être fatigué de vivre, vous saurez combien elle est pénible. Si vous y êtes actuellement, vous savez combien vos émotions basculent entre larmes et colère. Alors, en allant doucement, essayons de voir pourquoi on est parfois fatigué de vivre, et comment la grâce de Jésus peut nous faire revivre, librement. Commençons par ce poème ou lamentation de Job où il se plonge dans les profondeurs du désespoir. On va s’arrêter à deux émotions fortes qu’il vit : (1) je suis fâché ; et (2) je suis épuisé.          (1) D’abord, je suis fâché par l’absurdité de ma vie (v. 1 – 10). Quelques versets parmi les dix premiers seront suffisants pour ressentir un peu...

« Oser être plus sage que Dieu » – Job, chapitre 1

« L’habit ne fait pas le moine » dit le dicton, ou si vous voulez, les apparences sont parfois trompeuses, car la vie est plus complexe que prévue.  Toutefois, nous ne sommes pas toujours à l’aise devant cette réalité. Nous préférons une vie stable, prévisible et compréhensible, surtout dans nos relations avec d’autres, y compris avec Dieu lui-même. Nous appelons cette stabilité «la sagesse», à savoir, l’art de pouvoir agir de façon juste, au bon moment, en toute connaissance de cause. Voilà pourquoi nous sommes parfois déroutés par ce récit biblique portant le titre Job. Il dresse un tableau d’événements douloureux qui dépassent notre sagesse, car notre sagesse ne peut ni comprendre ce qui nous arrive, ni guérir notre profond chagrin. Nous ne savons pas beaucoup au sujet de Job. Certains croient qu’il est un homme qui vivait à l’époque de Moïse, peut-être autour de l’an 1 400 avant Jésus-Christ. D’autres croient qu’il n’a jamais existé, mais que cette histoire a été écrite, sous l’inspiration de Dieu le Saint-Esprit, pour nous amener à réfléchir davantage à notre relation avec Dieu et notre prochain. D’autres croient – et c’est la position avancée dans le présent article – que Job a bel et bien existé, mais que sa vie a été transformée en une sorte de parabole qui nous amène à chercher une autre sagesse dans ce monde où la souffrance peut nous frapper, soudainement et de plein fouet. Dans ce premier chapitre, il y a une profonde tension qui nourrit tout le livre, et dont la résolution n’arrive qu’au tout dernier chapitre. Cette tension influe beaucoup sur notre relation avec...

« Le pouvoir : levez les yeux vers l’autre » – Matthieu 20, 25 à 28

Aujourd’hui, nous revenons sur une histoire déjà racontée dans un article précédant. En 1870, Lord Acton, homme politique chrétien d’Angleterre se rend au Vatican, à Rome. Sa mission ? En tant que Catholique romain engagé, il veut persuader les cardinaux réunis au Premier Concile du Vatican de ne pas adopter une nouvelle doctrine affirmant l’infaillibilité des déclarations du pape. Il échoue. Plusieurs années plus tard, dans une lettre écrite en 1887, il explique son opposition à cette décision en se servant d’une phrase jadis devenue célèbre : « Le pouvoir à tendance à corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolument.» « Le pouvoir a tendance à corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolu-ment » laisse croire que le pouvoir est souvent synonyme d’abus. A cet effet, nous avons déjà regardé ce que Jésus dit au sujet du pouvoir qui détruit la vie, résumé au verset 26 de Matthieu chapitre 20 : « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir.» Il s’agit d’une attitude d’orgueil et de supériorité devant les autres, justifiée par une dureté de coeur convaincue que « je mérite l’honneur… plus que les autres… plus que Jésus lui-même ». Toutefois, il y a ici un défi de taille, à savoir, que faire si on exerce du pouvoir, tout en étant chrétien ? Par exemple, vous fondez votre propre compagnie ayant des gens travaillant pour vous. Vous exercez une responsabilité administrative ou léglislative au sein du gouvernement. En tant que médecin ou avocat, vous prenez des décisions déterminantes dans la vie des autres. Vous êtes juge, policier...

« Mais Dieu ! »

Presque tout le monde dort aux petites heures de cette nuit estivale. Tout est calme, tout est beau…jusqu’à ce qu’une horrible explosion perce le silence…jusqu’à ce qu’une immense boule de feu emporte 47 vies. Mégantic. Le 6 juillet 2013. Les tragédies de la vie nous interpellent profondément…si nous osons les laisser pénétrer notre cœur. Les tsunamis dévastateurs. Les séismes meurtriers. Les génocides atroces qui tâchent l’histoire humaine. Quelle en est la cause ultime ? La chance arbitraire ? La méchanceté humaine ? Dieu ? Qu’est-ce qui vous pousse à vouloir vivre ou à ne pas vivre ? Une variété de réponses se font entendre : «Ma vie, c’est ce que je choisis librement…je fais ma vie moi-même !» ; « Pour moi, la vie n’a pas de sens…car il n’y a que la nature implacable où tout termine par la mort.» ; «Moi, ma vie est entre les mains d’un Dieu tellement bon et tellement personnel…sa volonté explique tout.» Quelle est la cause ultime de tout ce qui vous arrive ? Une question incontournable ! Nous voici devant cette question dans la première livre de la Bible, aux versets 1 à 15 du chapitre 45 de la Genèse. Voici une famille juive vivant en Palestine 1 800 ans avant Jésus-Christ. Mais tout n’est pas beau. La majorité des frères sont à couteaux tirés face à l’avant dernier de la famille…à un tel point qu’ils décident de le tuer ! Toutefois, à la dernière minute, ils le vendent. Il est amené loin en Egypte. Des années passent, une grande famine sévit, et la seule place ayant du blé, c’est en Egypte. Voilà où nous commençons le narratif, aux versets 1 à 8 : 1 Alors...

« Le pouvoir: confronter le coeur humain » (2 / 2)

….suite à 1/1 Lorsque Jésus dit, « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir», il nous interpelle de façon profonde et bouleversante. Il nous dit que nous, nous agissons ainsi ! Jésus confronte cette idole de notre cœur. Il nous appelle à être honnêtes face à notre cœur et à avouer l’arrogance de notre suffisance. Mais comment ? (2) Comment vous pouvez confronter votre cœur. Pour ce faire, réfléchissons aux paroles de l’apôtre Paul, aux versets 10 à 12 d’Éphésiens 6 : «10 Enfin, puisez votre force dans l’union avec le Seigneur, dans son immense puissance. 11 Prenez sur vous toutes les armes que Dieu fournit, afin de pouvoir tenir bon contre les ruses du diable. 12 Car nous n’avons pas à lutter contre des êtres humains, mais contre les puissances spirituelles mauvaises du monde céleste, les autorités, les pouvoirs et les maîtres de ce monde obscur.»  Pour confronter notre cœur, nous aurons besoin de trois choses : (1) de la communion ; (2) de la constance ; et (3) du courage. D’abord, pour confronter notre suffisance, nous avons besoin d’être en communion avec Jésus lui-même. Paul le dit ainsi au verset 10 : « Enfin, puisez votre force dans l’union avec le Seigneur, dans son immense puissance.» Bref, nous avons besoin de vivre dans la certitude que Jésus a déjà gagné la bataille pour nous et qu’il nous aime beaucoup plus que nous ne pouvons l’imaginer ! Sachez, en tant que chrétien ou chrétienne,  que Jésus vous aime tellement qu’il s’est donné pour vous afin...

« Le pouvoir: confronter le coeur humain » (1/2)

  En 1870, Lord Acton, homme politique chrétien d’Angleterre se rend au Vatican, à Rome. Sa mission ? En tant que catholique romain engagé, il veut persuader les cardinaux réunis au Premier Concile du Vatican de ne pas adopter une nouvelle doctrine affirmant que les déclarations du pape sont infaillibles. Il échoue. Plusieurs années plus tard, en 1887, il écrit les paroles suivantes devenues célèbres : «Le pouvoir a tendance à corrompre, et le pouvoir absolu à corrompre absolument. Les grands hommes sont presque toujours de mauvais hommes, même lorsqu’ils n’exercent que de l’influence plutôt que de l’autorité. La pire hérésie est la croyance que l’office sanctifie celui qui le détient.» Comment voyez-vous votre prochain ? Quelle est votre ambition pour la vie ? Ces réalités de votre vie sont profondément marquées par votre attitude envers le pouvoir. Or, selon la Bible, le pouvoir peut être utilisé soit de façon négative soit de façon positive. Dans ce premier article, nous voulons regarder le côté négatif du pouvoir, tel que Jésus lui-même l’explique aux versets 20 à 28 de l’Évangile de Matthieu. Sous le thème « Le pouvoir : confronter le cœur humain », essayons de réfléchir à deux priorités : (1) comment Jésus confronte notre cœur ; et (2) comment nous devons confronter notre cœur. (1) Comment Jésus confronte notre cœur. Nous le verrons bien en suivant un échange entre Jésus et ses disciples aux versets 20 à 25 : « 20 Alors la femme de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses deux fils ; elle s’inclina devant lui pour lui demander une faveur. 21 « Que désires-tu ?...

« Croire et gérer de façon sensée » (2/2)

suite au premier article… Comment, pratiquement, croire et gérer de façon sensée ? Pour y répondre, je vous invite maintenant à regarder un autre texte qui présente l’argent de façon positive, à savoir 1 Timothée 6, les versets 17 à 19 : «17 Recommande à ceux qui possèdent les richesses de ce monde de ne pas s’enorgueillir ; dis-leur de ne pas mettre leur espérance dans ces richesses si incertaine, mais en Dieu qui nous accorde tout avec abondance pour que nous en jouissions. 18 Recommande-leur de faire le bien, d’être riches en actions bonnes, d’être généreux et prêts à partager avec autrui. 19 Qu’ils s’amassent ainsi un bon et solide trésor pour l’avenir  afin d’obtenir la vie véritable.»  Le temps nous manque pour bien approfondir ces versets, alors, je veux me limiter à deux commentaires pratiques pour votre considération et prière. Les deux viennent du verset 18 :  « Recommande-leur de faire le bien, d’être riches en actions bonnes, d’être généreux et prêts à partager avec autrui.»  (1) Croire en Jésus, c’est investir sagement, pour le bien de votre famille et société : «Recommande-leur de faire le bien, d’être riches en actions bonnes.» Il y a ici quelque chose que nous pouvons parfois oublier, à savoir, que Dieu nous prête son argent pour que celui-ci puisse circuler pour le bien des autres et pour développer notre vie ensemble. En voici deux applications de ce principe. D’abord, cette phrase comprend une responsabilité pour la santé financière de votre couple ou famille. Faire du bien comprend d’essayer de vivre selon les moyens que Dieu vous donne, en surveillant votre budget de façon responsable, pour le bien...